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Écritures narratives

Dernier ajout : 2 mai.

Articles de cette rubrique

  • Le Garçon : Marcus Malte

    A toute heure et en tout lieu sa faim l’accompagne, qui se nourrit de rien et grandit en son sein à mesure que lui dépérit. Son destin tient peut-être dans l’eau croupissante d’une modeste mare. Il tombe dessus un soir. voit le rose et l’orange du ciel s’y refléter. Mais c’est un miroir brisé, sa surface criblée comme sous la mitraille par les plongeons compulsifs et incessants d’une congrégation de grenouilles réunies en ces lieux pour célébrer on ne sait quel évènement. Elles sont cent ou davantage. (...)

  • Dans la forêt, Jean Hegland

    p. 40 Parfois, quand je suis assise là, elle arrête ses exercices et danse pour moi. Aujourd’hui, elle a commencé par le premier solo de Clara de Casse-noisette. C’est un adorable petit divertissement, rapide et enjoué, et je me souviens comme il avait enchanté les foules à Noël l’année où elle l’avait dansé. Mais juste avant d’arriver au moment où Fritz est censé lui arracher le casse-noisette des mains, ses pas ont changé, et elle s’est mise à danser quelque chose que je n’avais jamais vu, une danse (...)

  • Yasmina Khadra : Qu’attendent les singes

    La voix de Sid semble provenir d’outre-tombe. C’est toujours à propos de ce qu’attendent les singes. S’il te plaît, Sid. Je ne fais que cumuler les chocs depuis deux semaines. Tu n’as pas une bonne blague pour moi ? ça me botterait, je t’assure. Silence au bout du fil, entrecoupé de reniflements. La question tourne en boucle dans ma tête du matin au soir, Zine. Je dors avec, je me lève avec. Tu m’en as déjà parlé. Tu devrais sortir un peu de ta grotte. Je peux venir te chercher tout de suite, (...)

  • Grégoire Delacourt : Les quatre saisons de l’été

    Sur la plage, quelques hommes me sourient, mais mon sourire prudent les maintient à distance. Avec le temps, je me suis découverte apaisée. J’ai renoncé à la voracité des hommes et à mes impatiences, je n’ai plus laissé mes tourments écrire ma vie. (...) Je suis enfin prête pour une histoire qui s’inventerait au jour le jour, je l’attends, je m’y prépare. J’ai fait mon deuil de mon rêve d’un amour si fort qu’on puisse en mourir - au fait, tu t’es bien trompée, maman. Je me suis mise à aimer ma vie, à (...)

  • Anne-marie Garat : La Source

    19 novembre 2016, par Marie Bayssat

    Les romans d’Anne-Marie Garat agissent sur le lecteur comme un envoûtement. La source nous entraine dans une fabuleuse saga historique, presque un siècle entre l’histoire singulière de Lottie, personnage hors du commun liée par le destin à la famille Ardenne autrefois influente, l’histoire du bourg, des habitants et des membres de cette famille. C’est aussi l’histoire de la narratrice venue dans ce village à priori par hasard organiser pour ses étudiants en sociologie des travaux à partir des archives de la mairie. Elle se trouve devoir loger chez Lottie, nonagénaire solitaire habituellement avare en paroles qui lui livre des confidences captivantes tout en prévenant qu’il ne faut surtout pas la croire sur parole. Secret, mensonge, trahison nous conduisent à l’ombre de la Grande Histoire aux quatre coins du monde en particulier dans le Grand Nord canadien. Anne-Marie Garat dans une langue rare, ronde, généreuse faite de grandes phrases enveloppantes nous livre une magistrale réflexion sur la narration, la transmission des histoires, les légendes qui s’installent, leur transformation par ceux qui les racontent et ceux qui les écoutent. Elle nous éblouit de couleurs, de sons, d’odeur, d’émotions. si vous êtes charmés par ce roman foisonnant, n’hésitez pas à poursuivre votre lecture par la trilogie : Dans la main du diable, L’enfant des ténèbres, Pense à demain.

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