"Au début de l’été, Serge July m’a demandé si j’envisageais dans les choses possibles d’écrire pour Libération une chronique régulière. J’ai hésité, la perspective d’une chronique régulière m’effrayait un peu et puis je me suis dit que je pouvais toujours essayer. Nous nous sommes rencontrés. Il m’a dit ce qu’il souhaitait, c’était une chronique qui ne traiterait pas de l’actualité ou autre, mais d’une sorte d’actualité parallèle à celle-ci, d’événements qui m’auraient intéressée et qui n’auraient pas forcément été retenus par l’information d’usage." Marguerite Duras

Une femme emmène ses 2 enfants pour quelques jours au bord de la mer. Elle veut que ce soit une fête pour eux, mais, comme souvent pour elle, rien ne se passe comme elle le souhaiterait malgré ses efforts…

Roman écrit à la première personne, dans une langue âpre, empreinte de poésie, de tendresse et de révolte, entrant ainsi dans l’intimité d’une femme angoissée et paumée qui souhaite donner de la joie à ses enfants malgré ses problèmes. On voit le monde à travers ses yeux, ses angoisses, sa poésie et ses jugements. On en sort perturbé : où est la normalité et quelle place laisse-t-on aux gens hors norme ?

Seize nouvelles dont les protagonistes habitent où sont reliés à un vieil immeuble dont Conchita est la concierge. Des fragments de vie déclinant diverses situations et sentiments. Des rencontres se font mais souvent on se retrouve seul. Situations banales décrites avec légèreté et acuité mais aussi d’affection pour les personnages ce qui donne une vraie émotion au livre .

Une romancière de 30ans et une octogénaire se trouvent momentanément être voisines dans la campagne norvégienne . Petit à petit elles vont se rencontrer ,s’apprivoiser et se raconter. Avec extrêmement de pudeur elles se diront pourtant des choses quelle n’ont jamais dites à personne et elles se réapprendront mutuellement le gout de la vie . Roman écrit à 3 voix : le narrateur nous raconte leurs rencontres , Astrid et Véronica se confient à la première personne. .

Un roman léger n’est pas un roman futile et choisir d’embrasser la quotidienneté n’empêche pas de déployer une réflexion souterraine, sur des questions aussi profondes que la quête identitaire, le poids des traditions, les haines ancestrales entre subsahariens et caribéens. Ici, la politique vient se nicher jusque dans les cheveux des héroïnes tandis que l’encombrante icône de la mère africaine poteau-mitan du nom du pilier qui soutient les maisons porte son ombre sur leurs vies amoureuses. Roman éclaté, Blues pour Élise bruit de cette multi-appartenance : créolismes et anglicismes pimentent le texte français ; des phrases suaves, saisissantes de poésie côtoient de réjouissants intermèdes téléphoniques en camfranglais, un argot hybride brassant anglais, français et dialectes camerounais : « Allô Asso ! Oui c’est moi Bijou…C’est how ? Quoi ? Tu es ngué ? Pardon, excuse les gens. Moi même je suis complètement foirée » etc. Une langue orale, vigoureuse et salée ; à mille lieues de l’extrême sophistication littéraire du précédent roman, Tels des astres éteints, mais qui vise le même but : montrer comment les courants historiques, politiques, culturels modèlent l’existence des individus jusque dans les aspects les plus triviaux de leur vie quotidienne. (extrait du Magazine Littéraire 22.12.2010)

Pourquoi, bon Dieu, désire-t-on une autre femme que la sienne, toute sa vie, sans pour autant faire le geste qui unirait la vie à son aspiration ? Tu vois d’ici l’existence chrétienne que j’ai pu mener, mon amie ; on ne doit certes pas convoiter la femme de son prochain, mais ce qui me frappe, c’est (...)

C’est un livre étrange au premier abord. Comme la mer, il se mérite et s’apprivoise. Le premier contact est houleux. L’écriture suit une lente ondulation et les expressions se répètent inlassablement. Sur la crête des vagues, la richesse du style et le goût râpeux du sel donnent la nausée. On croit qu’on n’en sortira jamais et on regrette d’avoir acheté un billet. Puis finalement on s’habitue et on commence à comprendre. On commence à comprendre la folie de réunir ces personnages dans la pension Almayer. Entre ce peintre cherchant à saisir le portrait de la mer, ne traçant sur la toile que des lignes invisibles d’eau salée, cette petite fille trop sensible que la moindre émotion risque de tuer, ce scientifique naturaliste collectionnant les lettres d’amour pour la femme de sa vie en attendant de la rencontrer et tant d’autres portraits de personnages improbables que seule la perfection du hasard ou la volonté du démiurge peut réunir le temps d’un roman. On commence à comprendre que derrière cette poésie rimant la fantaisie la réalité revient à la vitesse d’un cheval au galop. L’histoire avec un grand H de ce bateau échoué au large de la Mauritanie, la tragédie d’un radeau symbole du désespoir et de la déchéance immortalisé par Géricault. Contrepoint du chef d’œuvre pictural, le roman gratte couche après couche le drame dans sa crudité la plus absolue. On commence à comprendre que le personnage principal de l’histoire ne se cache pas derrière les portraits improbables des protagonistes, que ce n’est pas le drame de la méduse, ni même la mystérieuse pension Almayer ou l’inconnu dans la septième chambre. Non le véritable personnage du roman, c’est l’Océan mer du titre. La dernière page tournée, on se sent de nouveau mal à l’aise, une vague de nostalgie venue de nulle part nous emporte. Mystérieusement atteint par le mal des marins de retour sur la terre ferme, on rêvasse à la beauté du verbe à la saveur des mots au goût salé du style persistant dans la gorge. (commentaire extrait de Babelio)

Rares sont les noms d’auteurs déjà disparus qui apparaissent ici. Julien Gracq (1910-2007), s’il fut l’un des premiers écrivains publiés dans La Pléiade de son vivant, n’est plus. Notons aussi qu’il refusa le Prix Goncourt qui lui fut attribué contre sa volonté en 1951 pour le Rivage des Syrtes. Suite à un extrait de Liberté Grande (prose poétique) déjà publié ici, voici quelques unes de ses phrases amples comme les marées, sur lesquelles débutent l’histoire du Beau Ténébreux.

« À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. »

Erri De Luca nous offre ici un puissant récit d’initiation où les problématiques de la langue, de la justice, de l’engagement se cristallisent à travers sa plume. Arrivé à l’« âge d’archive », il parvient à saisir avec justesse et nuances la mue de l’enfance, et ainsi explorer au plus profond ce passage fondateur de toute une vie.

Le roman s’ouvre sur l’uppercut qu’encaisse Alix Thézé lorsqu’elle apprend que son demi-frère, Alban Joseph, s’est converti à l’islam. Dans la même seconde, une image brutale submerge sa mémoire : celle d’Alban, encore adolescent, à l’Europa-Park, devenu soudainement un autre sous ses yeux. Note de l’éditeur

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