Il faut regarder toute la vie avec des yeux d’enfants

Méditer, revenir à soi, à la nécessité de la réflexion, à la lenteur et à la rumination : accepter le voyage intérieur au plus profond de nous pour mieux ressurgir, libérés des peurs afin de regarder sereinement la vie. Ecrit à la manière d’une longue promenade le long d’un fleuve, le livre se compose de formes brèves : journal, pensées, aphorismes, paraboles, fragments de récits. Felwine Sarr, enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger à Saint-Louis du Sénégal, nous offre cet exercice salutaire de ces Méditations Africaines pour trouver la lumière.

Ancien chirurgien du cœur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho. Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin. Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.

« Ce qui n’aurait pu, ce qui n’aurait dû être qu’une histoire crépusculaire devient par la grâce de l’écriture de la romancière une lumineuse leçon d’énergie, de pacification avec soi-même et de foi en l’autre » explique Bernard Lehut, rédacteur en chef adjoint du service culture et spécialiste littérature de RTL.

Onze nouvelles , onze voix de l’Algérie, en grande majorité des femmes racontées avec amour et tendresse. Des récits variés, souvent empreints de poésie. Maissa Bey raconte la souffrance, la résistance , l’entraide et la beauté des femmes confrontées au fanatisme mais donne aussi à voir la souffrance que les hommes s’infligent à eux même par leur attitude.

Et puis cesse de chantonner (elle l’imite) : « bon-zou-our !... quand des gens arrivent. Il faut dire d’un air lugubre : » Mauvais jour, madame ...« ou : » Je vous souhaite le grand soir, monsieur." et surtout, ne souris plus ! Tu veux faire fuir la clientèle ? ... Qu’est-ce-que c’est que cette manie (...)

« Rapport aux bêtes » est un roman qui laisse des traces. Un roman difficile, âpre et violent qui prend aux tripes et laisse épuisé. Noëlle Revaz a choisi de se couler dans les mots de Paul et le fait en une plongée qui pourrait n’être qu’un exercice de style virtuose. Mais avec ce langage qu’elle maîtrise de bout en bout, elle faire prendre corps à une voix, une psyché plus que crédible, glaçante même. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Rapport aux bêtes n’est pas un roman de la terre. Bien sûr, l’exploitation agricole, l’attachement du paysan à sa terre ont une place centrale dans le récit, mais ce qui est vraiment central, c’est le rapport de Paul aux êtres vivants qui l’entourent et la manière dont ses certitudes, renforcées par des années d’isolement, vont petit à petit se fissurer pour finalement s’effondrer. Ce qui est au centre, c’est ce qu’il se passe quand l’autre, le différent, entre dans une vie. […] si on frémit beaucoup à la lecture, le récit est aussi empreint d’humour et d’humanité. Quand Paul raconte la vie quotidienne, ses petits combats avec George, ses ruses et ses malices, on rit aussi. On ne peut pas vraiment le détester Paul. Après tout, il est comme on l’a fait. Il est même attendrissant parfois ce grand gaillard, et il le devient de plus en plus au fil des pages. Noëlle Revaz en inventant, en utilisant sa parole, fait entrer le lecteur de plain-pied dans une boîte crânienne. Le long monologue de Paul est celui de sa pensée, et la crédibilité de l’ensemble, sans faille, est un tour de force.

« Rapport aux bêtes » est un roman poisseux de désespoir et de brutalité, d’espoir aussi. Une œuvre époustouflante et troublante, qui met le lecteur face à ce qu’un homme a de plus intime, ses pensées.

Extrait de http://www.lecture-ecriture.com/3871-Rapport-aux-b%EAtes-No%EBlle-Revaz

Après une licence en latin et français médiéval à l’université de Lausanne, Noëlle Revaz signe des chroniques radiophoniques, entre 1995 et 1996, sous le pseudonyme de Maurice Salanfe. En 2002 paraît, aux éditions Gallimard, ’Rapport aux bêtes’ qui sera amplement récompensé. Avec son ‘Rapport aux bêtes’, Noëlle Revaz s’est vue décerner le Prix Schiller, le Prix Lettres Frontières, le Prix Marguerite Audoux et le Prix de la Fondation Henri et Marcelle Gaspoz.

Ni Narua ni Apuluk ne savaient qu’ils habitaient la plus grande île du monde. Comme tous les eskimos ils se nommaient eux-mêmes « Inuit » , ce qui veut dire Etres Humains, Hommes, et c’est pourquoi leur pays s’appelait Inuit Nunat, le Pays des Hommes. Que leur pays fût infiniment grand, ça , ils le (...)

Claudie Gallay nous emmène avec des chapitres de 1 à 3 pages ,avec des phrase courtes au festival d’Avignon. L’année où il a fait si chaud, où les intermittents étaient en grève , où Mathilde devenue une actrice célèbre revient jouer dans la ville de son enfance.Dans cette atmosphère surchauffée, Odon avec (...)

Roman de la mémoire et de l’amour des chevaux, Cheval-Roi est surtout un roman d’apprentissage qui célèbre la rencontre de deux continents, de deux cultures, l’Europe et l’Afrique, l’un des thèmes majeurs de l’œuvre de Gaston Paul-Effa. Gaston-Paul Effa est né au Cameroun en 1965 et enseigne la philosophie en Lorraine. Il est notamment l’auteur de Tout ce bleu (Grasset, 1996), M (Grasset, 1998), qui reçut le prix Erckmann-Chatrian 1998 et le Grand Prix littéraire de l’Afrique noire 1998, ainsi que de Le cri que tu pousses ne réveillera personne (Gallimard, 2000).

Quelques jours plus tôt, pour des raisons strictement personnelles, sa femme Domitilla avait acheté un lot de saucisses. Et trois soirs durant, Marcovaldo dîna de saucisses aux navets. Or, ces saucisses-là devaient être des saucisses de chien ; leur seule odeur suffisait à lui couper l’appétit. (...)

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