On marchait ensemble dans les couloirs de la maison de retraite. Mon regard regard s’arrêtait toujours sur les croûtes accrochées aux murs. Leur vie était déjà suffisamment assez dure, je me demandais pourquoi ils infligeaient aux résidents une double peine visuelle. La plupart étaient des paysages (...)

Récit aux allures de monologue intérieure, Cacophonie plonge le lecteur au cœur de la détresse et des pensées d’une femme en butte à la solitude mais aussi aux prisons qu’elle se construit. Y reviennent, lancinantes, la douleur de l’abandon maternel et la difficulté de la quête de soi. Un texte âpre mais lucide et nécessaire sur le monde contemporain, l’Afrique et la construction de soi. Un texte dont les pages vibrent de la violence du cri longtemps contenu mais qui, cependant, n’abandonne pas l’espoir qu’a chacun de trouver, un jour, sa place dans le monde, le « canari où se reposer » Nathalie Carré (4e de couverture)

« Une vie, et j’étais bien placé pour le savoir, vaut entre trente et quarante mille euros. Une vie ; le col enfin à dix centimètres, le souffle court, la naissance, le sang, les larmes, la joie, la douleur, le premier bain, les premières dents, les premiers pas ; les mots nouveaux, la chute de vélo, l’appareil dentaire, la peur du tétanos, les blagues, les cousins, les vacances, les potes, les filles, les trahisons, le bien qu’on fait, l’envie de changer le monde.

Entre trente et quarante mille euros si vous vous faites écraser. Vingt, vingt-cinq mille si vous êtes un enfant. Un peu plus de cent mille si vous êtes dans un avion qui vous écrabouille avec deux cent vingt-sept autres vies. Combien valurent les nôtres ? »

Le Quatrième mur embarque le lecteur au cœur du conflit du Liban en 1982/83. En 1974 , à Paris, Georges, un étudiant en histoire militant activiste pro-palestinien casseur de facho et féru de théâtre, fait la connaissance d’un grec juif, Sam, ils se prennent d’amitié malgré leurs différences. Sam a un rêve : monter la pièce Antigone de Anouilh sur la ligne verte qui sépare Beyrouth, avec des acteurs de toutes les nationalités et religions du conflit israélo palestinien. Malade, il demande à Georges de le faire. La troupe se compose d’une palestinienne sunnite, d’un druze, un maronite, un chiite, une catholique. Le jeune homme arrive avec sa belle idée de paix, face à des hommes et des femmes qui se haïssent mais acceptent, sans cesser de l’interroger sur ses motivations et sa connaissance de la guerre. Salon Littéraire

Itinéraire long et fruité, fait de larmes et de rires, de surprises, de pulpes et de baisers, itinéraire rouge d’enthousiasme, fait de générosités, de victoires et de défaites, itinéraires entre la mort et la vie, les secrets chuchotés, les vérités tues, puis dites puis proclamées, long voluptueux superbe (...)

La forme la plus primitive de toute littérature, c’est le cri inarticulé du premier homme devant un univers mystérieux, incompréhensible. Après, les choses se sont civilisées, mondialisées, compliquées, obscurcies. (4e de couverture)

Pauline est une jeune Hollandaise. Et, comme toutes les filles d’aujourd’hui, elle se pose beaucoup de questions sérieuses ou farfelues. Une fille et un garçon de cultures différentes peuvent-ils s’aimer ? Est-ce possible de comprendre les adultes et d’être compris par eux ? Faut-il toujours faire confiance à ses amis ? Doit-on se méfier des inconnus ? Est-il normal de se confier à une vraie vache qui fait Meuh ? D’écrire de la poésie ? De prier sans être croyante ? D’avoir un père qui se rase le crâne et se balade en robe ? D’éprouver du chagrin quand son grand-père adoré tombe malade ? D’avoir envie de rire dans un cimetière ?

Bien sûr certains détails ont déjà disparu dans l’arrière-fond de la mémoire. Bien sûr la trame de ces minutes continuera à s’effilocher jusqu’au moment où tout basculera dans le noir. Mais tu te souviendras du jour où vous êtes revenus. Tu continueras à faire travailler le souvenir, ce qu’il en reste, avec (...)

Dans le dernier roman d’Emmanuelle Bayamack-Tam, il y a de la musique – d’emblée celle d’une langue lyricomique –, une parole – elle est le plus souvent féroce –, des vers – ceux de Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Racine –, et de la danse – une ronde infernale des corps sur la scène du théâtre des vices. ….d’abord ce titre, un alexandrin emprunté aux Métamorphoses d’Ovide : Si tout n’a pas péri avec mon innocence. La violence de la voix de Kimberly frappe. Sa confession court sur près de 450 pages de tension, de railleries, d’excès mais encore de truculence et de drôlerie. Il n’y a aucune morale dans ce roman d’apprentissage, et c’est l’un des tours de force d’Emmanuel Bayamack-Tam. Mais une loi universelle, qui se vérifie à la toute fin du livre.

Vincent Roy, Le Monde, 11 janvier 2013

Emmanuelle Bayamack-Tam fait montre d’un réel don qui n’est pas que du talent mis en perspective mais bien une grâce offerte par une fée éprise d’absolue et de poésie, de légèreté et de constance, de sensualité et d’humour ; bref, autant de pétales à ne surtout pas arracher en sifflotant une comptine enfantine totalement stupide (je t’aime un peu, beaucoup, etc.) mais à protéger du blizzard compassé de la norme populaire qui prédispose à mettre en lumière l’histoire eu détriment de tout le reste. D’autant que du côté de l’histoire, vous allez être servi ; alors quand le style se met de la partie, c’est l’apothéose, feu d’artifice à tous les étages ! Lire oui, mais avec le plaisir inégalé du style…

J’ai en horreur les stigmatisations et les enfermements dans des genres précis mais à la lecture de ce bijou on se demande tout de même si un homme aurait été capable de cela, comme si certaines démesures ne peuvent être osées que par le talent féminin qui possède une précision spécifique dans la compréhension de certaines choses… et donc dans son rendu. Un livre qui claque dans le silence hypocrite des convenances pour nous rappeler à l’essentiel : le sens de la vie.

François Xavier, Le Huffington Post, 2 février 2013

Le présent volume rassemble toutes les lettres de l’artiste connues à ce jour (plus de 200 sont inédites). Il constitue désormais l’édition de référence de cette correspondance dont André Chastel a pu écrire qu’elle « livre en quelque sorte l’autobiographie du peintre, dans le rythme même du vécu, dont aucun récit ne serait capable de restituer la puissance et la fierté ».

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