Cesare Pavese : Travailler fatigue - La mort viendra et elle aura tes yeux

Il est dommage (…) que le vrai travail poétique de Pavese soit resté un peu dans l’ombre. Travailler fatigue était un des livres auxquels il tenait le plus : à juste titre, car les beautés altières qu’on y découvre à chaque page, le stoïcisme viril qui l’imprègne de bout en bout, la manière si pleine de représenter le vide, l’art si intense des silences et des pauses, assurent à ce recueil une place unique dans la poésie italienne et européenne, à mi-chemin entre l’hermétisme des uns et le populisme des autres : œuvre suspendue entre le réel et l’irréel, rêve éveillé, mélange de feu et de glace, (…). »

Dominique Fernandez
Andrew Mc Millan : Le corps des hommes

Vingt-cinq poèmes pour dire et raconter le corps des hommes, leurs désirs, leur jouissance et leur solitude. Andrew McMillan les observe dans leur intimité, en famille ou encore dans des bars interlopes, et les croque avec justesse dans une langue parfois crue, souvent tendre. Une bouleversante ode au corps masculin qui porte un regard poétique sur l’homme moderne, sa sexualité et sa quête du bonheur.

Note de l’éditeur

Joseph PONTHUS : à la ligne

C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. (…) Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.
Note de l’éditeur

Abbas Kiarostami : des milliers d’arbres solitaires

Toute l’œuvre de Kiarostami est tendue vers le retrait et l’épure : soustraire pour mieux montrer, s’abstraire de la narration pour inventer des formes d’écriture qui entrent en résonance avec le monde visible.Cette œuvre, et ce n’est pas étonnant de la part d’un cinéaste, invite d’abord au regard, elle nous pousse à imaginer, au sens premier, une série d’instants qui sont pure présence au monde, instants suggérés plutôt que décrits où le lecteur est chargé de donner corps et matière aux images, d’achever le tableau.Les sentiments sont ténus, épurés, dénués de tout pathos, éloignés du lyrisme de la tradition classique persane.

Note de l’éditeur
Erri de Luca : Oeuvre sur l’eau
J’attache de la valeur à toute forme de vie,
à la neige, à la fraise, à la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal
et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas
au sourire involontaire, à la fatigue
de celui qui ne s’est pas épargné,
à des vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain
ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui
vaut encore peu de chose.
j’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de soulier, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage du va gabond, à la cloture de la moniale, à la patience du condamné quelque soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.
 
Erri de Luca
Valeur ( Valore)
Albane Gellé : Bougé(e)

ateliers Avec le choix de vivrécrire sans les horaires réguliers ni le patron ni le salaire de fin de mois : les ateliers comme d’évidence pour une autre façon de découper les jours. Un équilibre s’il est tenu qui me va bien entre toute seule et le silence à mon bureau des heures durant, et puis les (...)

Deux livrets des éditions Pré # Carré

Eloigné de circuits de diffusion et de distribution traditionnels, pré # carré propose à ses lecteurs, depuis ses débuts, de recevoir les publications dans leur boîte à lettre. Cinq fois par an, à chaque saison, une enveloppe vous est envoyée, contenant le livret de saison, et bien souvent d’autres objets-livres. Pour en savoir plus sur les éditions pré#carré, il est possible de voyager sur le site de la maison.

Jeanne Benameur : Comme on respire

Un texte proche de la poésie, celle que j’aime, qui reste à hauteur d’homme, qui griffe et caresse avec élégance. Jeanne Benameur connait le pouvoir des mots. Elle sait les agencer pour que naisse l’émotion. Pas besoin de lyrisme boursoufflé, c’est ici le minuscule qui fait mouche. Les mots sont comptés, jamais légers, parfois brusques, ils semblent murmurés. http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/05/comme-on-respire-jeann..

Mary-Laure Zoss :Entre chien et loup jetés

Une langue qui coule malgré les fers qui la retiennent, une parole âpre et sans fioritures et voilà que la poète nous entraîne sur le mince et périlleux fil d’une course à travers forêts, neiges, bois, souvenirs, course à travers les lieux pentus et enneigés mais mal définis… Lieux chéris de l’enfance, territoires accidentés de la vie ou de la création ? Le troisième recueil de Mary-Laure Zoss, Entre chien et loup jetés, semble d’abord narrer tant bien que mal la fuite de personnages traqués par rien si ce n’est pas le temps. Le Diffuseur poétique

Albane Gellé : où que j’aille

Ce texte d’Albane Gellé est tout à la fois une adresse à un tu absent et un long monologue où le temps, la nature et les vivants prennent chacun leur place. Elle nous donne à sentir que l’absence physique peut être compensée par une omniprésence dans les « petites » choses de tous les jours. Elle nous dit qu’une présence rendue vivante au fil du temps, des saisons et des enfances qui se succèdent, est le seul atout de l’absence et le point d’ancrage des vivants. Avec elle, le lecteur imagine l’absent, accompagne les gestes simples et se souvient de ses propres fêlures. Note de l’éditeur

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