Anachronisme est le livre de Christophe Tarkos le plus autobiographique. Mais, ce n’est évidemment pas d’un biographique psychologique ou nostalgique qu’il s’agit. Disons que le biographique se place sous le signe du vécu, simplement. Avec ce que cela comporte d’expériences mises en mots, au moyen d’énumérations, ou dans des micro-récits sans fioritures, avec un rythme, une scansion qui sont ceux de la souffrance physique ou amoureuse impensable et torturante.

Note de l’éditeur / Photo : Olivier Roller

Neuf groupes de neuf poèmes, plus un dernier, très bref, intitulé Rien, ainsi se compose Quelque chose noir de Jacques Roubaud. Un seul thème d’inspiration, et il est infiniment douloureux : c’est celui de la mort de la femme aimée. Beaucoup de ces poèmes prennent la forme d’une méditation. L’art de Jacques Roubaud, qui sait jouer de toutes les ressources de la technique poétique, se met ici au service de l’absence, du deuil, de la douleur.
Note de l’éditeur

Bedrich passe le gras du pouce sur la tranche des feuilles empilées sur le coin du bureau. Blanches, bises, quadrillées, de tailles diverses. Parfois, il en saisit une et en caresse la texture. En même temps, son regard se perd par la fenêtre qui lui fait face et il peut voir un morceau de ciel (...)

Mais Carcasse est au seuil, caresse du pied le seuil et ne sait plus quelle prévision a été faite concernant sa personne, ouvre les yeux et cherche trace, Carcasse, mais ne trouve aucune empreinte. Aucune voie ouverte à ses pieds. Aucune sillon où s’engouffrer. Ce qui viendrait naturellement serait : (...)

Ici, on a vocation à l’excellence. On n’a pas droit à l’erreur. On est un maillon essentiel dans le bon déroulement des choses. On agit pour le bien, avec ou sans recours à la contrainte. Ici, on propose le dépassement de soi. On en fait un programme applicable dans toutes les situations. On tire vers (...)

Il est dommage (…) que le vrai travail poétique de Pavese soit resté un peu dans l’ombre. Travailler fatigue était un des livres auxquels il tenait le plus : à juste titre, car les beautés altières qu’on y découvre à chaque page, le stoïcisme viril qui l’imprègne de bout en bout, la manière si pleine de représenter le vide, l’art si intense des silences et des pauses, assurent à ce recueil une place unique dans la poésie italienne et européenne, à mi-chemin entre l’hermétisme des uns et le populisme des autres : œuvre suspendue entre le réel et l’irréel, rêve éveillé, mélange de feu et de glace, (…). »

Dominique Fernandez

Vingt-cinq poèmes pour dire et raconter le corps des hommes, leurs désirs, leur jouissance et leur solitude. Andrew McMillan les observe dans leur intimité, en famille ou encore dans des bars interlopes, et les croque avec justesse dans une langue parfois crue, souvent tendre. Une bouleversante ode au corps masculin qui porte un regard poétique sur l’homme moderne, sa sexualité et sa quête du bonheur.

Note de l’éditeur

C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. (…) Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.
Note de l’éditeur

Toute l’œuvre de Kiarostami est tendue vers le retrait et l’épure : soustraire pour mieux montrer, s’abstraire de la narration pour inventer des formes d’écriture qui entrent en résonance avec le monde visible.Cette œuvre, et ce n’est pas étonnant de la part d’un cinéaste, invite d’abord au regard, elle nous pousse à imaginer, au sens premier, une série d’instants qui sont pure présence au monde, instants suggérés plutôt que décrits où le lecteur est chargé de donner corps et matière aux images, d’achever le tableau.Les sentiments sont ténus, épurés, dénués de tout pathos, éloignés du lyrisme de la tradition classique persane.

Note de l’éditeur
J’attache de la valeur à toute forme de vie,
à la neige, à la fraise, à la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal
et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas
au sourire involontaire, à la fatigue
de celui qui ne s’est pas épargné,
à des vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain
ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui
vaut encore peu de chose.
j’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de soulier, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage du va gabond, à la cloture de la moniale, à la patience du condamné quelque soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.
 
Erri de Luca
Valeur ( Valore)

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