Écritures poétiques

Dans son recueil de poésie, Noémie Pomerleau-Cloutier s’ancre, au-delà de la route 138, en terrain maritime à la découverte de « la force qui soude ces femmes et ces hommes à cette terre frangée de centaines d’îlots, de plages et de passages ». Le Bella Desgagnés, moyen de transport de l’exploratrice et ligne directrice de l’œuvre, fait voyager le lecteur à la rencontre des « Coasters » (les Nord-Côtiers). À chaque port, des paroles innu-aimun, francophones et anglophones entrent dans ce magnifique recueil et nous racontent leurs histoires : « Oh we had a wonderful life my dear / as long as we were on the water / we were ok / on the sea i would never change him / for anyone else ».

Tina Laphengphratheng - https://www.moutonnoir.com/

soir des ombres montent du fond des fossés marécageux qui partagent les champs se glissent entre les pierres tournent la meule silencieusement aiguisent leurs doigts celui qui vieil homme d’écorce grise cherche vers les rauques aboiements un chemin : ornières noires et boues d’argile cherche (...)

Odile Fix écrit et dessine un paysage familier inondé de lumière, une lumière qui traverse les corps. Le cheminement est incertain on ne sait ce qui de nous / chemine dans / l’étiage des bêtes.

L’horizon même disparaît.
Les mots sont ici de cette langue silencieuse qui questionne autant qu’elle sculpte et abreuve. (note de l’éditeur)

Paola Pigani pose son regard sur le monde, parlant tour à tour de sujets personnels, d’art, des passants du quotidien… Une traversée du monde réel, social, s’impose à elle à chaque nouvelle page écrite. Un prisme poétique de la réalité, une écriture du quotidien, transcendé. (Note de l’éditeur)

Paysages urbains, instants fixés dans leur singularité, rêveries permises, ciels et sols mêlés, tout ici se reflète dans l’œil aiguisé de la narratrice ou dans l’objectif, réservé, du photographe.

On ne touche pas, on effleure. On n’affirme pas, on suggère. Ce livre propose les choix poétiques de deux regards complices. La tendresse et la fragilité humaines sont, de nouveau, à l’ordre du jour. (Note de l’éditeur)

Comment l’espace, les saisons, la perte d’un enfant et de la raison nourrissent une langue sauvage pour dire la souffrance et la vaillance d’un corps promis à l’éboulement, au desséchement jusqu’à la renaissance fantasmée à l’intérieur d’un arbre ? (Note de l’éditeur)

Quelques poèmes extraits du recueil publié par Brin & e éditeurs

Anachronisme est le livre de Christophe Tarkos le plus autobiographique. Mais, ce n’est évidemment pas d’un biographique psychologique ou nostalgique qu’il s’agit. Disons que le biographique se place sous le signe du vécu, simplement. Avec ce que cela comporte d’expériences mises en mots, au moyen d’énumérations, ou dans des micro-récits sans fioritures, avec un rythme, une scansion qui sont ceux de la souffrance physique ou amoureuse impensable et torturante.

Note de l’éditeur / Photo : Olivier Roller

Neuf groupes de neuf poèmes, plus un dernier, très bref, intitulé Rien, ainsi se compose Quelque chose noir de Jacques Roubaud. Un seul thème d’inspiration, et il est infiniment douloureux : c’est celui de la mort de la femme aimée. Beaucoup de ces poèmes prennent la forme d’une méditation. L’art de Jacques Roubaud, qui sait jouer de toutes les ressources de la technique poétique, se met ici au service de l’absence, du deuil, de la douleur.
Note de l’éditeur

Bedrich passe le gras du pouce sur la tranche des feuilles empilées sur le coin du bureau. Blanches, bises, quadrillées, de tailles diverses. Parfois, il en saisit une et en caresse la texture. En même temps, son regard se perd par la fenêtre qui lui fait face et il peut voir un morceau de ciel (...)