Erri de Luca : Oeuvre sur l’eau
J’attache de la valeur à toute forme de vie,
à la neige, à la fraise, à la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal
et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas
au sourire involontaire, à la fatigue
de celui qui ne s’est pas épargné,
à des vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain
ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui
vaut encore peu de chose.
j’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de soulier, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage du va gabond, à la cloture de la moniale, à la patience du condamné quelque soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.
 
Erri de Luca
Valeur ( Valore)
Albane Gellé : Bougé(e)

ateliers Avec le choix de vivrécrire sans les horaires réguliers ni le patron ni le salaire de fin de mois : les ateliers comme d’évidence pour une autre façon de découper les jours. Un équilibre s’il est tenu qui me va bien entre toute seule et le silence à mon bureau des heures durant, et puis les (...)

Deux livrets des éditions Pré # Carré

Eloigné de circuits de diffusion et de distribution traditionnels, pré # carré propose à ses lecteurs, depuis ses débuts, de recevoir les publications dans leur boîte à lettre. Cinq fois par an, à chaque saison, une enveloppe vous est envoyée, contenant le livret de saison, et bien souvent d’autres objets-livres. Pour en savoir plus sur les éditions pré#carré, il est possible de voyager sur le site de la maison.

Jeanne Benameur : Comme on respire

Un texte proche de la poésie, celle que j’aime, qui reste à hauteur d’homme, qui griffe et caresse avec élégance. Jeanne Benameur connait le pouvoir des mots. Elle sait les agencer pour que naisse l’émotion. Pas besoin de lyrisme boursoufflé, c’est ici le minuscule qui fait mouche. Les mots sont comptés, jamais légers, parfois brusques, ils semblent murmurés. http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/05/comme-on-respire-jeann..

Mary-Laure Zoss :Entre chien et loup jetés

Une langue qui coule malgré les fers qui la retiennent, une parole âpre et sans fioritures et voilà que la poète nous entraîne sur le mince et périlleux fil d’une course à travers forêts, neiges, bois, souvenirs, course à travers les lieux pentus et enneigés mais mal définis… Lieux chéris de l’enfance, territoires accidentés de la vie ou de la création ? Le troisième recueil de Mary-Laure Zoss, Entre chien et loup jetés, semble d’abord narrer tant bien que mal la fuite de personnages traqués par rien si ce n’est pas le temps. Le Diffuseur poétique

Albane Gellé : où que j’aille

Ce texte d’Albane Gellé est tout à la fois une adresse à un tu absent et un long monologue où le temps, la nature et les vivants prennent chacun leur place. Elle nous donne à sentir que l’absence physique peut être compensée par une omniprésence dans les « petites » choses de tous les jours. Elle nous dit qu’une présence rendue vivante au fil du temps, des saisons et des enfances qui se succèdent, est le seul atout de l’absence et le point d’ancrage des vivants. Avec elle, le lecteur imagine l’absent, accompagne les gestes simples et se souvient de ses propres fêlures. Note de l’éditeur

Katia Bouchoueva : Tes oursons sont heureux

Katia Bouchoueva est une bourrasque - un orage - une rafale de mots 22 long rifle - calibre 76 - en pleine tempe - une aube de chien noir - une guise de route - qui aurait percé la brèche - igue chaude - du nomade intérieur -

  • Sa poésie dépasse du cadre - (comme le vent photographié) - elle est irrévérencieuse - loin des vieilles ficelles - vive entaille - dans le cercueil du vent brûlé - […] Katia dissèque les manies de la langue avec adresse - & - la défend par là-même - elle lui défend de se ramollir - elle la maintient debout -
  • Sa démarche est une tentative textuelle de relier des bouts de continents poétiques éloignés - de les rassembler dans une langue pulsée - expulsée - foulée - soufflée - mesurée - en y apportant sa propre terre… Préface de Pierre Soletti
Jacques Ancet : Entre corps et pensée

Vingt-deux heures Dix heures. Les chiens aboient comme si on entendait l’envers brutal du silence. Comme si montait de la terre une violence de voix acharnée à mettre en pièces le calme à peine conquis de la nuit. De temps à autre ils se taisent et c’est, sans fin, un clignotement muet, un (...)

Jean-Louis Giovannoni : L’immobile est un geste

Jean-Louis Giovannoni - Il est né en 1950. Il habite à Paris et est assistant social dans un hôpital psychiatrique. Il a fondé en 1977 la revue « Les Cahiers du double » avec Raphaële George. Il a été membre du comité de rédaction de « Nouveau Recueil » de 2005 à 2007. Il a obtenu le prix Georges Perros 2010.

Jean-Pierre Lacombe, Le Devoir de l’Abîme

Nous avons emprunté le chemin des vies les pavés gémissaient sous nos pieds lourds et nus on aurait dit la plainte des os de tous ceux qui avaient lavé le chemin de leur sueur. Nous avons parlé à l’arbre des saisons les feuilles bruissaient aux doux accents de nos voix on aurait dit les percussions (...)

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