Claudie Gallay c’est l’écriture de la lenteur. Agaçante pour certains. Dans ce monde où tout va trop vite, elle nous permet de respirer autrement.

"La beauté des jours’ touche car elle s’ancre sur le quotidien monotone parfois de nos vies. Tout va bien, tout est rangé, organisé, mais qu’en est il vraiment ? Comment laisser surgir ce qui nous habite vraiment ? Au delà des regrets de ce que nous aurions pu être, ce que nous aurions pu faire ? Mais est ce que ça vaut le coup de tout balancer par la fenêtre pour suivre le moindre courant d’air ?

Et ce terreau de l’enfance que nous rejetons parfois violemment ? N’y a t’il pas là une part de notre ancrage qui nous aide contre les vents et les marées ?

  • Je vais prendre deux RTT alors… Il était entrain de couper des tranches fines d’un radis noir. Elle lui avait dit qu’elle partait deux jours à Paris. Tout de suite, il a voulu l’accompagner, c’est ce qu’il a dit, Je prends deux RTT et je viens avec toi. En cinq minutes, il a tiré des plans sur la comète, il a tout organisé, l’heure de départ, le trajet, ce qu’il pourrait visiter, la tour Eiffel, Montmartre, Pigalle.
    - J’ai besoin d’être seule pour vivre ça. Il s’est arrêté. Il l’a regardé.
    - Tu ne veux pas que je vienne avec toi ? Jeanne a fait non de la tête. (…)
  • Moi, je n’ai jamais envie de partir sans toi. Sa voix était blanche. Il a ajouté qu’il n’avait pas besoin de ça. Partir sans elle. Etre sans elle. Qu’il aimerait ne jamais la quitter, pas une minute.
    - Je suis malheureux quand tu n’es pas là. Il avait mal. Jeanne s’est calée contre la table. Pourquoi c’est toujours aux femmes de se sacrifier. Pourquoi c’est toujours à elles qu’on demande d’être faibles, comme si elles étaient nées pour ça.
  • Je ne veux pas renoncer.

P396/397 Claudie Gallay « la beauté des jours » éditions Acte Sud