comme langue tue
dans l’érosion
nous posons deux pierres
sur une pierre
à peine un glissement
ce qui s’éteint
invite les bêtes à
passer le seuil à
franchir la porte
entre les falaises
aveuglées par le soleil
quelque chose d’une ombre
à pas furtifs
ouvre le passage pour
le défilé des bêtes
on ne sait où s’en va
la procession des bêtes
presque invisibles
sabots ébréchés
crinières raides
lèvres pendantes
on ne sait d’où venue
on ne sait
ce qui trébuche
à l’encolure
d’une marée descendante
dans des remous blafards
on donne main
à l’écume projetée
au bord des bouches
bulles de salives
qui se rompent
silencieusement -
grelots de murmures
lentement
sont immergés
Odile Fix, L’étiage des bêtes, éditions Musimot, 2021, pages 3, 8, 11, 18.
Retrouvez Odile Fix sur le site de Tisseurs de Mots :
- Odile Fix : Seuils
- Odile Fix : De quel côté des murs
- Odile Fix : L’autre face du froid - extraits
- Empreintes laissées par Odile Fix lors de son passage à Brioude - rencontre avec l’artiste.
Le travail d’Odile Fix est aussi à découvrir sur son blog Pierre d’incertitude