Chroniqueur dans la revue Décharge, Mathias Lair porte un regard parfois amusé, parfois moqueur, parfois sérieux sur la poésie et ceux qui l’écrivent.

Exister en poésie n’est pas une sinécure, sauf pour les rares miraculés qui n’ont pas seulement trouvé une muse dans leur berceau, mais aussi des lecteurs fervents. Pour les autres, c’est un travail à temps plein. Voici quelques éléments clé pour réussir en poésie :

  1. Il ne suffit pas d’écrire ! Je dirai même que c’est un élément secondaire, presque. Bien-sûr il faut produire du texte, mais rassurez-vous : une qualité moyenne suffit, du moment que vous surfez sur la mentalité en cours. L’essentiel consiste à créer une aura autour de ce matériau.
  2. Si l’on a du mal à trouver un éditeur, il est déconseiller de s’auto-éditer, comme de recourir aux officines de la toile (…) sous peine de perdre toute crédibilité. Il vous faut passer par la reconnaissance d’un éditeur, ce qui n’est pas aisé - ne serait-ce que pour une première raison : le (la) pauvre croule sous les manuscrits… Pour surseoir à cette difficulté, on peut se faire ami d’un éditeur, ou faire qu’un de ses proches devienne éditeur par amour pour vous ; votre femme ou votre époux peut faire l’affaire - ça s’est vu !
  3. Virtualisez-vous ! Site, blog, mur de bouc, twitter, les moyens abondent ! Il vous faudra y consacrer quelques heures par jour…
  4. Il est bienvenu de créer une revue. Ceux que vous aurez publiés constitueront une clientèle de base, et surtout des leaders d’opinion qui vanteront vos mérites (se méfier néanmoins des poètes au cœur sec, qui ne pratiquent pas la reconnaissance).
  5. Il est très utile d’organiser des manifestations poétiques, dans un double but. Tout d’abord, vous entrerez ainsi dans le cercle des organisateurs de manifestations diverses, ou vous trouverez dès lors des entrées. Mais aussi, vous vous constituerez un public fervent. Le must consiste à réserver une partie de chaque manifestation aux lectures du public. Invitez-le à monter sur scène pour lire ses propres poèmes - puisque le public n’est composé que de poètes. Ils frétilleront d’aise de se faire entendre, et ils vous aimeront, c’est certain !
  6. (…)

L’intégralité de cette chronique est à retrouver dans le numéro 178 de la revue Décharge (juin 2018).