Eté 1919 dans une petite ville du Berry un héros de guerre retenu prisonnier dans une caserne , une femme qui attend, un juge parisien aristocrate qui a lui aussi fait la guerre. Trois personnages et au milieu un chien qui détient la clef du drame.

  • Il est malin, je vous l’ai dit, ce chien. Quand il s’est montré, il tenait un rat dans la gueule. Comme, en quatre jours, on avait eu le temps de constater qu’il y avait plein de vermine dans le navire, tout le monde a été content qu’il vienne faire un peu de ménage dans les cales.
  • C’est devenu le chien du régiment ?
  • Non, parce que lui ne se considérait pas comme ça. il se couchait à mes pieds, dormait à côté de moi, et si quelqu’un m’approchait avec un air mauvais, il grognait. Il y avait quelque chose de curieux dans le ton qu’adoptait Morlac. Il parlait volontiers de son chien et en des termes favorables. Mais on ne décelait aucune chaleur dans sa voix. Plutôt du mépris ou du regret. On aurait dit qu’il jugeait durement les qualités qu’il évoquait. p 45
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