Vous attrapez le Journal d’un confinement en cours de route… et vous avez envie de vous frotter aux propositions que vous avez manquées… C’est par ici !

Proposition du dimanche 29 mars :

Depuis quelques jours, nous avons picoré à l’intérieur de notre livre, perdant peut-être un peu le fil des mouvements qui le traversent. Alors aujourd’hui, nous lirons, sans objectif, de la page 181 à la page 184. Comme ça, pour soi, quand on voudra.

Et puis, au fil de la journée, vous allez cueillir des voix. Cruauté ! ; allez-vous me répondre, isolés comme nous sommes comment pourrions-nous faire cette cueillette ?

Sans doute oubliez-vous les conversations téléphoniques, les voix des postes de radio ou de télévision, pour celles et ceux qui disposent d’Internet, les mails, les vidéos, les posts sur les réseaux sociaux. Des voix donc, même si elles ne sont pas en présence, nous en recevons encore (et c’est bien heureux).

Tout au long du jour, vous glanez, vous moissonnez, vous amassez et quand vient le temps de l’écriture, vous tentez d’écrire un court dialogue dans lequel est impliqué la (ou l’une des) présences de votre livre. Toute la journée, vous aurez écouté les voix et vous aurez remarqué que le plus souvent, les paroles de chacun suivent leur propre chemin et la notion d’échange est un peu un leurre (même si on s’efforce d’être le plus possible à l’écoute de l’autre). Ce décalage entre les deux voix – cette sensation que l’on a parfois d’un dialogue de sourds – vous tacherez de la laisser effleurer dans l’écriture du dialogue. Dernière précision, il faudrait que le dialogue que vous écrivez puisse réellement exister dans votre livre, qu’il y ait un lien fort entre le contenu du livre et votre texte.

Beau jour.

Proposition du samedi 28 mars :

La proposition du jour a été fabriquée par Valérie L. qui vit dans le Puy de Dôme.

Nous allons expérimenter les frottements, les caresses ou les abrasions entre nos textes, comment, à notre insu le plus souvent, leur rencontre fait surgir du sens.

Nous allons tout retourner, tout prendre à l’envers, à l’envers du 19 attrapons notre livre à la page 91 et listons les noms, les adjectifs et les verbes. On dispose ainsi d’un large lexique auquel nous ajoutons 5 mots invariables (si certains sont répétés dans cette page 91, vous les privilégierez). Dans cette liste, vous choisissez 40 mots. C’est bon ? Alors continuons !

A. Emaz - poème dans ’Limite’ page 71 P

Chez les Tisseurs, le poète Antoine Emaz est souvent convoqué dans nos propositions d’écriture. Il ne pouvait pas être absent du Journal d’un confinement. Voici un poème issu du recueil « Limite », ce recueil est une succession de jours au cours desquels Antoine Emaz se sent parvenu à une limite.

En puisant uniquement parmi les mots de votre lexique (exception toujours des déterminants… vous avez maintenant l’habitude), nous vous invitons à écrire un texte pour dire aujourd’hui. Vous expérimenterez cette exigence présente dans l’écriture d’Antoine Emaz, cette écriture extrêmement épurée, resserrée. Une densité dans chaque mot.

Bien maintenant, continuons nos retournements, Nous allons repartir de notre lexique initial et nous allons en extraire encore 40 mots dont la moitié sera des mots différents de notre première sélection. Et nous allons appliquer sur cette nouvelle sélection un renversement en cherchant son sens contraire, son antonyme – comme l’autre jour, Internet offre des outils facilitateur - cliquez ici. Vous voilà donc avec une seconde liste. Toujours dans la même recherche d’épure, vous choisirez des mots de cette seconde liste pour écrire l’un des jours de l’une des présences dans votre livre – peut-être un jour de bascule, du passage d’un état à un autre ?

Deux jours donc, l’un à vous et l’autre à la présence de votre livre.

Beau jour - demain dimanche, nous prendrons le temps, la mise en ligne de la proposition sera plus tardive…

Proposition du vendredi 27 mars :

La proposition du jour a été fabriquée par Clara de l’Hérault.

Depuis mardi, le gouvernement nous impose une nouvelle réglementation de sortie (dite 1 km / 1 h) et sa mise en action sur l’écriture de notre Journal d’un confinement va se révéler aujourd’hui.

Vous allez donc sortir – n’oubliez pas votre attestation – pour parcourir votre kilomètre du jour – nous avons bien dit 1 kilomètre. Selon votre situation personnelle, vous pouvez adapter cette sortie à vos obligations : promener le chien, faire vos courses, rendre visite à une personne vulnérable…

Donc, nous enfilons nos baskets et mettons le corps en action : marchons, courons, sautons, faisons des allers retours sur la même distance, etc… Nous vous invitons aussi à mettre tous vos sens en éveil pour percevoir, regarder, écouter, sentir… ce qui autour frémit : des odeurs, des sons, des couleurs, des souffles d’air, des silences…

Dès que vous rentrez à la maison, nous vous invitons à noter sans réfléchir le souvenir des traces collectées au fil de votre sortie, ses sensations emmagasinées en vous. Nous vous conseillons de vous en tenir à des éléments du concret. Vous formez une liste d’une dizaine d’éléments.

Nous venons de parcourir notre kilomètre, nous allons maintenant user de notre heure. Le temps d’écriture que nous vous présentons maintenant ne doit pas dépasser une heure. C’est le règlement du gouvernement, et le règlement, c’est le règlement !

Nous allons revenir à notre livre et explorer les pages cent que nous n’avons pas beaucoup visitées pour l’instant. Après avoir marché, vous lirez en position allongée. Et vous choisirez vos pages en fonction des départements que vous souhaitez explorer : vous commencez par votre département d’origine (exemple pour la Haute-Loire 43, je vais à la page 143). Puis, vous visiterez d’autres départements, les départements limitrophes ou ceux que vous aimez, des vacances, d’une maison familiale…

Vous piocherez des bouts de phrases qui décrivent des mouvements, des gestes, là encore, vous listez une dizaine de morceaux.

Maintenant, nous vous invitons à former un texte, en intercalant les notes de la sortie et celles de la lecture – une note de la sortie, une note de lecture, une note de sortie, etc… - en conservant la chronologie des prises de notes et sans vous soucier du sens. Vous retournez à la ligne à chaque note recopiée. Ainsi vous avez formé un bloc-texte sans ponctuation.

Nous vous invitons à lire ce texte en partant du début puis de le relire en partant de la fin. Ecoutez ce que produisent ces deux lectures et choisissez le sens de lecture qui vous plaît. Vous pouvez retirer quelques éléments, en déplacer - un ou deux maximum, ajouter éventuellement mais vous veillerez à conserver cet assemblage d’éléments simplement juxtaposés (nous vous conseillons de vous méfier des connecteurs, exemple : donc, alors, puis… c’est au lecteur de créer du sens, des liens entre les éléments que vous aurez juste posés).

Beau jour

Proposition du jeudi 26 mars :

La ((proposition du jour)) a été fabriquée par Sophie B. qui vit dans la Drôme.

Régulièrement, pour qualifier les jours que nous traversons, nous évoquons le mot étrange et c’est la question de l’étrange - dans le sens du mystérieux - que nous allons explorer aujourd’hui. Nouvel univers donc, un univers plus ludique.

Et cela commence par une expérience personnelle : « Un jour de 2015, je suis entrée dans la belle basilique de Brioude. Comme à mon habitude, je me suis précipitée sur le livre d’or. J’aime beaucoup la lecture des livres d’or mais celui que je découvre à Brioude s’est révélé vraiment hors du commun ! Sur une des pages du livre d’or était écrit au stylo bleu une phrase énigmatique :

Une pensée pour mon copain Nénesse. Qu’il aille en enfer. – aucune signature. »

Aujourd’hui, il me semble nécessaire de tenter d’éclaircir ce mystère, de dénouer cette énigme qui n’en est peut-être pas une…

Ensemble, ouvrons notre livre à la page 43 (code postal de la Haute Loire) pour chercher des éléments de réponse. Nul doute que Nénesse ne se laissera pas démasquer facilement, qu’il n’hésitera pas à brouiller sa véritable identité.

Si rien ne se révèle à la page 43, tentez la page 34 ou à la page 7. Vous finirez par retrouver quelque chose. Alors, dans l’excitation de votre découverte, vous écrirez un fragment en l’étirant pour ne former qu’une seule phrase, un seul souffle.

Et puis, comme en miroir, vous écrirez une sensation d’étrange, plus intime, que vous traversez ces derniers jours, peut-être comme l’autre jour, à la manière de petites touches comme un tableau impressionniste.

Beau jour.

Proposition du mercredi 25 mars :

La ((proposition du jour)) nous est inspirée par Agnès M. qui vit dans l’Hérault. Elle reprend aussi un dispositif présenté par Philippe Berthaut, dans la Chaufferie de la langue.

Vous allez partir de 3 mots : Confinement – inutile de justifier ce choix, Courage – mot à l’honneur du Printemps des poètes 2020, et le titre de votre livre… ou plus précisément le mot du titre qui vous semble le plus important.

A partir de chaque mot pris séparément, vous allez créer une liste de mots en déplaçant les lettres ou les sons du mot source. Prenez bien le temps de vous constituer un large lexique.

Par exemple : avec Confinement, on peut trouver « note » (déplacement de lettres) ou « fond » (déplacement de sons).

A partir de ces mots collectés, vous écrirez un texte pour dire cette journée, vous serez attentif à la sonorité et à la rythmique dans votre écriture. Evidemment, vous pouvez intégrer autant de petits mots que nécessaire (déterminant, préposition…). Personne ne viendra vérifier vos éventuelles « tricheries », nous vous incitons cependant à vous tenir au plus près de la contrainte.

Beau jour.

Proposition du mardi 24 mars :

La proposition du jour a été fabriquée par Véronique LM qui vit dans la Haute Loire. Et si nous nous déplacions un peu, si l’on mettait un peu de chair dans cette aventure… de la coquinerie !

Quelle autre page que la page 69 pourrait convenir, elle appelle déjà en elle tout un programme. Vous lirez cette page et vous y cueillerez des mots ou des bouts de phrase qui pourrait faire penser à des mots érotiques. Des mots qui pourraient être détournés, par exemple le verbe glisser, l’adjectif courbe… Vous en ferez une liste et si vous jugez qu’il manque de la chair dans votre panier vous pouvez continuer votre cueillette en tirant deux autres pages au hasard.

Nous vous invitons à écrire un texte dans lequel votre présence sent monter en elle un désir – n’oublions pas qu’il existe de multiples objets de désir. Pendant le moment de l’écriture, vous écouterez cette musique : Adam Naas : The love.

Vous insérerez des mots de votre liste. Peut-être pouvez-vous rester davantage dans l’évocation, la sensualité comme de petites touches sur une toile d’impressionnistes. Cela constituera un premier texte.

Cette période de confinement ne nous dégage pas de nos désirs – peut-être même au contraire. Le désir est en chacun de nous, plus ou moins intense selon le contexte, les périodes de la vie.

Nous vous invitons à écrire, dans un paragraphe serré, la montée d’un désir liée à l’un de nos jours de confinement - il peut-être réel ou rêvé et s’attacher encore une fois à de multiples objets. Vous laisserez monter le désir lentement en intensité (comme un suspens policier…).

Beau jour.

Proposition du lundi 23 mars :

La proposition du jour est une compilation d’une idée de Madeleine G. de l’Isère et de Florine V. E. du Puy de Dôme.

Il nous faut nous aérer, fuir le trop d’informations. De l’air, de l’air, de l’R ; il nous faut de l’R. La lettre R est la 18e lettre de l’alphabet, alors, vous lirez aujourd’hui la page 18 de votre livre. Vous noterez entre 8 et 15 mots de cette page, des noms, des adjectifs, des verbes, qui ne s’écrivent pas avec la lettre « r » (pour les verbes, on ne se préoccupe pas des "r" présents dans l’infinitif puisqu’ils disparaîtront lors de sa conjugaison). Puis, vous chercherez un synonyme de ces mots qui eux contiennent la lettre « r » - ce ne sera peut-être pas toujours possible, ce n’est pas grave – vous pouvez vous aider avec des moteurs de recherche disponibles sur internet comme ici.

Vous disposez maintenant d’une liste de mots qui contiennent tous la lettre « r ».

Rémi Checchetto

Voici un poème de Rémi Checchetto paru dans Larsen. Au cœur du poème, cette formule : "Dehors, c’est…"

Dehors, c’est l’air vif, l’R vif. Nous vous invitons donc à écrire un texte en vous saisissant de cette formule "Dehors, c’est…" et en l’intégrant comme point de départ, en phrase de conclusion ou à l’intérieur de votre texte. Vous utiliserez essentiellement (uniquement) des mots avec la lettre « r » (hormis les petits mots : déterminants, prépositions, pronoms…). Les mots de votre pré-liste auront une place privilégiée dans votre texte.

Beau jour.

Proposition du dimanche 22 mars :

La proposition du jour a été largement inspirée par une piste de Pauline O.G. qui vit dans les Bouches du Rhône. Elle vient prolonger la proposition d’hier.

Nous allons revenir au livre et nous lirons de la page 167 à la page 170 et nous continuons notre rencontre avec une présence dans ce livre (ce n’est pas nécessairement la même que la veille). Nous tentons de nous tenir au plus près d’elle et nous allons chercher une chanson, une mélodie, un morceau de musique qui s’accorde avec cette présence. Vous avez trouvé ? Alors continuons…

Guillevic - poème dans ’Carnac’

Dans le poème ci-joint, Eugène Guillevic écrit une accumulation sous la forme « nom + complément du nom ». Vous reprendrez cette structure pour écrire un texte en trois paragraphes de trois lignes chacun. Votre accumulation entremêlera des images, des évocations, des sensations (…) contenues dans votre livre, dans votre musique et dans votre journée de confinement. Si cela vient, vous pouvez finir votre texte par une ou deux lignes supplémentaires dans lesquelles se trouvera un verbe conjugué, mais ce n’est pas obligatoire.

Comme hier, vous allez envoyer votre texte et la musique – sa référence ou le lien youtube par exemple – à la personne à qui vous avez écrit – en espérant que votre message d’hier ne l’a pas fâchée et qu’elle ne vous a pas demandé de ne plus jamais, au grand jamais, lui écrire.

Beau jour.

Proposition du samedi 21 mars :

Depuis quelques jours, nous picorons à l’intérieur de notre livre – nous ne savons pas pour vous – mais nous, on aimerait bien en savoir un peu plus sur ce qui se trame à l’intérieur. Pour l’instant, nous avons un peu de mal à coudre ensemble les bribes lues. C’est pourquoi, nous vous invitons à lire aujourd’hui votre livre de la page 32 à la page 41.

On vous l’a déjà dit hier, au fil de nos piquetages, nous devinons l’univers contenu à l’intérieur du livre. Il y a toujours ces présences – nous ne parlons pas de personnages parce que tout le monde n’a pas choisi un roman. La proposition d’aujourd’hui, c’est d’écrire à l’une de ces présences, s’adresser directement à lui. Pour démarrer, nous vous proposons de commencer votre lettre par « Tu me dis… (puis de recopier une phrase ou un bout de phrase de l’extrait que vous venez de lire) ».

Nous restons dans ce format d’une dizaine de lignes pour cette "lettre à une présence" du livre.

Quand vous aurez terminé d’écrire à l’une des présences de votre livre – on n’anticipe pas, hein ! – vous relirez votre texte. Puis, vous chercherez parmi les personnes de votre entourage, celle à qui ce message pourrait aussi être adressé. Et vous lui enverrez le même texte. Plusieurs d’entre vous pensent aux personnes isolées, m’incitent à créer un lien avec ces personnes, c’est peut-être l’occasion de faire signe à l’une d’elles.

Ce serait génial que vous envoyiez votre texte sans aucune modification par rapport au texte initial. Qu’elle le reçoive tel quel. Rien ne vous empêche d’envoyer un second message à cette personne pour lui apporter des explications sur la fabrique de cette lettre.

Beau jour.

Proposition du vendredi 20 mars :

Aujourd’hui, c’est Claude C. qui vit dans les Deux Sèvres qui a imaginé la proposition du jour :

Dans un premier temps, reprenez votre livre de chevet de confinement, il finit sans doute par vous obséder ce livre mystérieux que vous découvrez par bribes et vous brûle un peu les doigts en excitant votre curiosité. Nous vous proposons de prendre la première phrase, l’incipit comme on la nomme et la dernière du livre (voire les deux premières ou les deux dernières si vous le souhaitez).

Vous écrirez à partir des traces que vous avez glanées au fil des jours sur les présences, les lieux, l’époque, l’ambiance… mais aussi sur la langue, le style de l’auteur. Imprégné de ces éléments, vous écrirez un texte d’une dizaine de lignes en démarrant par cet incipit pour aboutir à la dernière phrase et au dernier mot.

Puis vous reviendrez à ce qui nous préoccupe, notre confinement.

Avez-vous constaté une évolution de votre état d’esprit depuis lundi, à quoi passez-vous votre temps et comment vivez-vous ces journées recluses ? Avez-vous mis en place des rituels, des organisations particulières que vous avez inventées au fil du temps ?

Vous pourriez écrire avec cette idée d’aller de l’incipit (qui dirait l’entrée en confinement) vers une phrase finale (qui dirait le moment présent) et de montrer un changement, un léger basculement dans votre rapport aux choses, au monde, aux autres. Méfiez-vous de votre pensée, des idées, souvent elles sont insuffisantes pour dire l’essentiel et finissent par apparaître creuses. Nous vous invitons plutôt à vous écrire à partir d’éléments matériels, du concret.

Là encore en une dizaine de lignes, un fragment.

Beau jour.

Proposition du jeudi 19 mars :

Aujourd’hui jeudi 19 mars, c’est le Covid-19 qui nous rassemble. Eh bien, parlons-en de 19 !

Dans un premier temps, nous vous invitons à lister en vrac tout ce que vous évoque ce 19. Ne vous préoccupez pas d’une quelconque cohérence dans cet inventaire – au contraire. Vous trierez dans un second temps.

Puis, vous ouvrez les pages 19, 119, 219 (voire 319, 419… si elles existent) de votre livre et vous recopiez une phrase de votre choix (ou un bout de phrase si votre auteur écrit des longues phrases) pour chacune de ces pages.

Vous relisez tout et vous écrivez, en un seul fragment, une sorte d’ode ou de plainte, de tentative d’approche ou de rejet du « 19 ». Vous insérez obligatoirement les phrases collectées dans votre livre (en revanche, vous prenez uniquement ce qui vous intéresse dans l’inventaire des évocations du 19).

Beau jour et à demain !

Proposition du mercredi 18 mars :

((La proposition)), tout d’abord, vous rappeler de continuer à prendre une photo par jour. En ce troisième jour, nous nous permettons de vous rappeler qu’une proposition d’écriture reste une proposition… qu’à partir d’elle, vous écrivez bien ce que vous voulez !! La proposition ouvre, surprend, stimule, contraint… et avec cette matière, chacun-e attrape ce dont elle ou il a besoin.

Caviardage

Aujourd’hui, je vous invite au caviardage avec les poèmes express de Lucien Suel. Celui-ci a un petit parfum d’actualité… et vous pouvez le télécharger (en bas de page : document à télécharger). En tapant dans votre moteur de recherche : « poème express Lucien Suel », dans la rubrique image vous trouverez d’autres exemples de sa pratique de caviardage.

Nous vous proposons donc de vous laisser aller au plaisir du caviardage. D’une part, vous pourriez caviarder l’attestation de déplacement dérogatoire. Vous pouvez la télécharger au même endroit que le poème express ou sur le site du ministère de l’intérieur – ici. Si vraiment, vous ne pouviez pas vous résoudre à caviarder ce document, alors choisissez un article du journal du jour (soit en format papier, soit sur internet).

Ensuite, ouvrez votre livre au hasard – pas de page imposée aujourd’hui simplement il vous faudra scanner/photographier ou photocopier // ou bien si vous ne disposez pas des outils nécessaires à la maison, vous faites comme si, vous ferez la photocopie quand nous nous dé-confinerons. Et là encore, vous vous laissez aller au caviardage. Il y a peut-être moyen de faire se frotter les deux textes auquel votre caviardage aboutira… vous déciderez.

Voilà, deux caviardages au menu du jour. Beau jour.

Proposition du mardi 17 mars :

Aujourd’hui, vous élargirez votre lecture puisque vous lirez de la page 81 à la page 84 du livre que vous avez choisi hier. Pendant toute la période du confinement, nous tournerons autour de ce livre. Dans votre livre, il y a peut-être plusieurs personnages, ou un seul, ou simplement une figure ou une présence… Eh bien, vous choisirez une de ces présences. Sous forme d’un fragment, vous dépliez un paysage que votre personnage a traversé dans les pages précédentes, avant la page 81. Evidemment, vous vous doutez bien qu’il ne s’agit pas de lire le début du livre, simplement de vous imprégner de cette présence entre les pages 81 et 84, pour sentir ce paysage traversé par votre personnage. Quand je dis paysage, je pourrais aussi dire espace, lieu, petit recoin ; vous choisirez. Il me semble qu’il serait intéressant qu’en ce lieu se trouve quelque chose (un objet mais pas forcément) qui raconte quelque chose de cette présence. Essayez de vous tenir à l’idée de fragment, c’est-à-dire de texte ramassé, tendu vers l’essentiel de ce lieu.

Ensuite, vous écrirez un second fragment. Ce fragment dépliera un lieu « réel » qui dit quelque chose de ces journées de confinement. Là encore, ouvrez grand la notion de lieu, ce peut-être un vaste espace comme un coin d’angle. Cette idée d’un frottement entre les deux paysages me paraît intéressante, c’est pourquoi, vous essaierez aussi de placer quelque chose, un objet par exemple, dans ce lieu.

Une contrainte simplement, une interdiction plus précisément, ne parlez pas des rayons de supermarchés ! On nous en abreuve sur les réseaux sociaux… On peut tellement mieux faire.

Belle journée, continuez bien à ne pas lire votre livre c’est essentiel ! Retrouvons nous demain.

Proposition du lundi 16 mars :

Vous avez donc choisi un livre de 250 pages minimum que vous n’avez pas encore lu (ou dont vous ne vous souvenez pas), parfait ! Vous allez ouvrir ce livre à la page 39 et lire cette page – peut-être que dans votre livre, la page 39 est une page blanche, dans ce cas, pas de souci, prenez une autre page au hasard. Prenons quelques minutes pour lire cette page 39.

La proposition du jour est une dédicace à la semaine de la poésie, organisée à Clermont Ferrand, elle devait se tenir toute la semaine, elle s’est donc annulée précipitemment. Une piste poétique donc.

Nous allons nous inspirer de la contrainte du poème fondu de l’Oulipo, nous vous invitons à écrire un texte de trois lignes en utilisant exclusivement (ou essentiellement) des mots de la page 39. Autant que ce sera possible, vous essayez que le sens de votre texte ait un lien fort avec le contenu de la page 39 de votre livre.

Dans la journée, vous écrivez un deuxième texte de trois lignes qui évoque un moment de cette journée du 16 mars.

Donc, deux textes de trois lignes pour dire cette journée du 16 mars. Et surtout, surtout, ne lisez rien de plus de votre livre ! Rien de rien… à demain !

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