Écritures narratives

Dans le Caire des années 1980, un jeune médecin suit un destin tracé pour lui. Entre son dispensaire et le prestigieux cabinet hérité de son père, Tarek n’a que peu de place pour se poser des questions. Mais la rencontre d’un être que tout semble éloigner de lui ébranlera son mariage, sa carrière et ses certitudes, ne lui laissant plus d’autre choix que l’exil.

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années. On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.

Au moment où je m’installe au bureau pour travailler, ils se manifestent, et ils me disent : « Tu ne peux pas écrire sur autre chose que sur nous. Nos vies, nos existences disent quelque chose de la violence du monde, nos corps portent en eux la vérité du monde, celle de l’exploitation, de l’exclusion, de la violence mise à nu et tu ne peux pas écrire sur autre chose. » Un jour, j’ai tenté d’écrire un roman où je parlais d’amour. Mais je me suis interrompu. J’ai eu honte. Les fantômes de mon passé sont apparus et ils m’ont dit « Tu ne peux pas nous faire ça. »
Edouard Louis dans une interview pour le site "En attendant Nadeau" : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/06/29/edouard-louis-monique-sevade/

« Une séparation, ce n’est rien. Et c’est toute une vie. » Ces mots, Raphaël les a accueillis comme une consolation. Sans doute aussi comme l’impulsion qu’il lui fallait pour arrêter de croire qu’il était irrémédiablement brisé. Certes, il n’a pas vécu une tragédie mais quand même : Anna l’a quitté après vingt ans passés ensemble.

Dans « Tombée des nues », Violaine Bérot s’empare avec tact d’un sujet ô combien délicat : le déni de grossesse et l’instinct maternel. Cela se passe dans une ferme isolée en moyenne montagne. Marion, éleveuse de chèvres, met au monde une petite fille sans avoir eu conscience de sa grossesse. Grâce à la présence d’esprit d’un voisin, le bébé et les parents choqués sont emmenés à l’hôpital situé en plaine. En attendant le retour de la petite famille, les villageois s’unissent pour soulager les parents malgré eux.
Jean-Marie Félix, https://www.rts.ch/info/culture/livres/9298304-tombee-des-nues-de-violaine-berot-naissance-dun-roman-choral.html

Le cinéaste ne voulait pas ressembler à son héros qui finit par crever dans l’océan glacial en faisant s’étrangler de sanglots le public planétaire. Si le chaos devait venir, il l’accueillerait comme quelqu’un qui l’avait vu venir de loin et s’y était préparé ; qui, pour leur avoir un jour donné (…)

L’herbe, toujours plus verte de l’autre côté, la vie plus douce, les gens plus simples : cet ailleurs idéalisé, Violaine Bérot le porte au paroxysme avec C’est plus beau là-bas. Un texte aux accents poétiques qui prennent de court, autant que son écriture incisive, articulée autour d’un « tu » comme une apostrophe au lecteur. Un « tu » qui, de la sorte, prend vie, mais reste longuement muet — un « tu, tu ».

Nicolas Gary - Actualitté

Un cadeau pour Jamie (extrait) Presque chaque matin, hormis les dimanches, Mlle Julie emmenait Teddy jouer au parc. Teddy adorait ces sorties quotidiennes. Il prenait son vélo ou des jouets et s’amusait tandis que Mlle Julie, contente d’être débarrassée de lui, bavardait avec les autres (…)

Sur les berges d’un lac gelé, la narratrice assiste au sauvetage d’une orignale. Touchée par Arden, la femme aux mains d’araignée, et Jeff, l’homme à l’œil de verre, qui se démènent l’un et l’autre pour sauver l’animale, elle décide de les accompagner dans le refuge dont ils s’occupent.

Au cœur d’une nature marquée par les saisons, où humains et non-humains tentent de cohabiter, notre narratrice apprivoisera ses propres fêlures tout en apprenant à soigner les bêtes sauvages, et à interpréter les sons et les odeurs de la forêt et de la rivière. [Note de l’éditeur]

C’est un livre comme qui dirait à double entrée : d’un côté un essai (sur la question des nuages et de leur statut : à qui appartiennent-ils ? Quelles conséquences géopolitiques, environnementales, éthiques, entraînent leur manipulation ?), de l’autre un récit intime. Mathieu Simonet, ancien avocat et romancier, recherche semble-t-il en laborantin le juste équilibre, transvase, ajuste, échantillonne, et avance ainsi sur la crête poético-juridique qu’on lui connaît. (Libération)

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