Audur Ava Olafsdottir : La vérité sur la lumière

Vendredi 10 décembre 2021

Un roman sur une lignée de sages-femmes

L’autrice, Audur Ava Olafsdottir a choisi ce thème quand en 2013 les Islandais ont élu leur mot préféré : « ljosmodir », que l’on peut traduire par « mère de la lumière ».

On peut parfois douter de la bonté de l’être humain, mais pas de celle des enfants ou des poètes. L’animal humain, le bébé est le plus vulnérable des êtres vivants. Dyja hérite de l’appartement vintage de sa grand-tante et d’un carton rempli de manuscrits. Tante Fífa a poursuivi l’œuvre de l’arrière-grand-mère, insérant les récits de ces femmes qui parcouraient la lande dans le blizzard à ses propres réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie – et la lumière.

Le roman est une suite de fragments désordonnés comme les écrits de tante Fífa, des éclats d’histoire, où les coïncidences prennent une place de choix. Pour cette sage-femme d’un autre temps, être en vie est un miracle, être né la plus grande aventure et celle aussi dont on a le plus de mal à se remettre ! Il faut s’habituer à la lumière alors qu’on vient des ténèbres, des eaux profondes et qu’on y retournera…

Cet ouvrage à l’écriture poétique et délicate , « les mots sont comme des filets pour attraper le vent », nous entraine dans une atmosphère de nuit, de froid, de tempête. Une écriture surprenante comme une aurore boréale.


Avant de persécuter ceux qui ne partagent pas ses opinions, l’homme vient au monde complètement nu, avant de commettre tant d’erreurs dans sa vie, il mesurait une cinquantaine de centimètres.

Au centre de l’univers, il y a un trou noir et au centre de ce trou noir, il y a la lumière.

On oublie les gens. Au bout de trois générations, tout le monde est oublié. Bientôt, il n’y a plus qu’une seule personne qui se souvienne de nous. Notre nom dit vaguement quelque chose à quelqu’un. Et puis nul ne sait plus que nous avons vécu.

Le meilleur moment de l’année pour comprendre l’essence de la lumière, c’est justement celui où elle est la plus rare.

J’essaie de comprendre la lumière, la manière dont elle s’allume et dont elle s’éteint.

Audur Ava Olafsdottir : La vérité sur la lumière, Edition Zulma.

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