Du rire aux larmes, c’est tout un éventail de son art de conteur que David Lodge nous offre. L’auteur, dans une introduction passionnante, situe ces nouvelles, écrites entre 1966 et 1992, en relation à la fois avec sa vie et avec ses romans. Trois histoires d’hiver et trois histoires d’été, typiquement « lodgiennes ».

introduction

L’une des différences manifestes entre le roman et la nouvelle réside dans l’attitude du lecteur : quand il commence une nouvelle, il compte en général aller jusqu’au bout d’une seule traite, mais un roman, il le lit beaucoup plus à loisir et par tranches, il le prend, il le pose, selon sa disponibilité et son appétit. En un sens, on est toujours impatient d’arriver à la fin d’une nouvelle, tandis qu’on peut regretter de terminer un roman par lequel on a été conquis. Ce point est révélateur d’autres différences entre ces deux formes littéraires. Alors qu’un roman reproduit plus ou moins l’ouverture et la multiplicité de la vie, la nouvelle s’articule en général sur un seul secteur ; le sens nous en est révélé à la fin, qui peut prendre la forme d’un dénouement de l’intrigue, de la solution d’un mystère ou d’un instant d’éclairage et de conscience accrue - ce que James Joyce, empruntant le langage de la religion, a nommé une « épiphanie ».

David Lodge : l’homme qui ne voulait plus se lever, Rivages, 1997, page 7.

Vos témoignages

  • Michelle FOLIOT 4 octobre 2014 22:51

    Certaines lectures peuvent procurer au lecteur un tel état de bien-être, de plaisir, de révélation, que l’on ne voudrait plus qu’elles aient une fin.