Anna est libraire, divorcée civilement mais non religieusement. Anna est juive de tradition, de culte, jusque dans sa chair.
Son ex-mari, Simon est malade de lui même et le fait chèrement payer à son entourage, à sa fille et à Anna. Anna, qui, grâce à un processus injuste de la religion juive, ne peut être libérée de son mariage, elle est « agouna » : enchaînée, ancrée, mutilée.
Livre ou se mêle la beauté du geste traditionnel de génération en génération et l’intolérable fanatisme dont font l’objet les femmes.
Livre avec de très beaux passages mais le sujet est souvent révoltant.

Extrait p 36

« Les ouvrages de ma librairie étaient classés par thème (….) J’en prenais un que j’ouvrais au hasard, et il apportait toujours une réponse à mes questions les plus intimes. J’avais le sentiment que quelque chose manquait à ma vie, mais je ne savais pas quoi. J’aspirais à un idéal, que je voyais dessiné, ou esquissé dans certaines œuvres, et pourtant je n’y trouvais jamais précisément les mots pour le dire. Je cherchais le livre absolu. Celui qui parle de la vie à un niveau où personne ne voit, mais que tout le monde perçoit, celui qui serait comme une porte ouverte sur l’autre monde qui existe à l’intérieur du nôtre, qui coulerait dans le sang de nos veines, pour les faire palpiter d’un souffle nouveau et leur insuffler un message vital : le livre, universel et intime, qui parviendrait à mettre les mots sur mes aspirations secrètes, mes pensées, serait un livre d’amour, de poésie, de philosophie. »