Suppose

Que je vienne et te verse Un peu d’eau dans la main

Et que je te demande De la laisser couler

Goutte à goutte Dans ma bouche.

Suppose

Qu’un couple de mésanges Cogne à notre fenêtre

Et que je te demande De les laisser cogner

Jusqu’à ce qu’on nous parle Un langage entendu.

Suppose

Que le chêne refuse Nos corps contre son tronc

Et que je te demande Que nous lui chantonnions

Le chœur de ses racines Étouffé dans ses feuilles.

Eugène Guillevic : Étier, Poésie/Gallimard, 1991, pages 249 254 256.

Vos témoignages

  • michelle foliot 31 janvier 2013 11:16

    « Le poète » , celui :

    • qui s’interroge et recherche l’approche confiante,
    • qui doute , mais qui patiente jusqu’à l’entendement,
    • qui ne croit plus, mais qui ne désespère plus s’il creuse un peu plus en lui-même.