La mère, le père, toujours. Et ce mal de l’enfance, ces trouées, ce néant qui habite, pose les questions de toute une vie. Peu de lumières dans ce livre. On marche dans une forêt obscure et on cherche une clairière pour se reposer, étancher cette soif d’amour et de tendresse, se payer au moins un petit carré de clarté.

Nos vies sont les mêmes. Nos vies sont pareilles et inquiètes. Nos mémoires délavées, rongées par l’acide,trouées comme du mauvais coton. Notre avenir enfoui, notre histoire illisible, sans contour ni colonne vertébrale, toutes lumières éteintes.Nos vies sont des morceaux mal assemblés, des bouts épars qui jamais ne se joignent. Nos vies sont modernes et oubliées, minuscules et laissées pour compte. Millions de fenêtres allumées aux façades, de phares dans la nuit, de corps dans la ville. p205

Nos vies sont les mêmes. Nos vies se débattent, crient dans la nuit, hurlent et tremblent de peur. Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit. p207