« Il y a dans ses phrases courtes tous les matins du monde » Yann Plougastel - Le Monde Magazine

Pour échapper à un quotidien stressant, un couple trouve refuge au milieu des herbes folles, dans les ruines d’une maison familiale. Lui reconstruit, elle jardine. Et tandis que les blessures du passé surgissent entre les fissures des pierres, chacun se reconquiert, redécouvrant le goût de la vie et le chemin lumineux qui conduit à l’autre …

« Je me méfie, j’ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu’il y a un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu’avoir quelque chose c’est commencer à le perdre. C’est comme cela que je fonctionne. C’est ce que la vie m’a appris. Si tôt. La perte.

Cette nuit nous étions réveillés tous les deux, sans raison particulière. Nous nous sommes retrouvés en sous-vêtements devant la lumière froide du frigo dans la cuisine. C’était drôle. Nos quatre billes grandes ouvertes, prêtes à dévorer l’obscurité… »

Thomas Vinau : Ici ça va, 10/18, 2014 pages 52 et 69.