La patience Tout commence et tout finit toujours par la patience dans l’écriture d’un livre. En amont, il faut laisser le livre infuser en soi, c’est la phase de maturation, les premières images qui viennent, les personnages qui s’esquissent. (…) Cette phase de préparation poussée à l’extrême, le danger serait de ne jamais commencer le roman. (…) Car, s’il est essentiel de retenir longtemps un texte, il est quand même indispensable de le lâcher un jour. En aval, dès qu’une page est terminée, on l’imprime et on la relit, on l’amende, on la rature, on trace des flèches à travers le texte, on corrige, on ajoute quelques phrases à la main, on vérifie un mot, on reformule une tournure. Puis on réimprime la page et on recommence, on recorrige, on vérifie encore, puis on réimprime et on relit et ainsi de suite, à l’infini, traquant les fautes et débusquant les scories, jusqu’à l’ultime échenillage des épreuves.
Jean Philippe Toussaint : L’urgence et la patience, éditions de Minuit, collection double, pages 28-29

On avait compris que la réforme et l’élargissement des Communautés de Communes et des Régions allaient modifier notre action en direction de la lecture et de l’écriture. Nous n’avions pas imaginé que cela allait balayer l’essentiel de ce que nous avions patiemment construit ces dernières années : disparition de plusieurs ateliers d’écriture réguliers en milieu rural, évaporation des financements pour le Festivalet des ateliers d’écriture. Nous ne sommes pas naïfs, nous savons que ce n’est que le prolongement d’actions engagées depuis plusieurs années qui fragilisent les acteurs et les professionnels de la culture et de la création artistique. Nous avions même été relativement protégés jusqu’à présent. Il n’empêche. Il n’empêche que cela fait mal. Cela fait mal pour les ils et les elles que nous laissons au bord du chemin, ces habitants des déserts culturels que l’on s’applique à désertifier encore davantage. Il n’empêche que c’est particulièrement inquiétant pour l’avenir que nous sommes en train de fabriquer. Pour l’équipe des Tisseurs de Mots, l’heure est aux questionnements : accepter ou résister. Nous refusons de nous laisser écraser et choisissons de résister même si nos expériences passées nous ont démontré combien la résistance est une posture qui conduit à l’usure et aux désillusions. Il ne s’agit donc pas de faire face mais de contourner et de chercher des moyens autres de faire vivre les ateliers de pratique de la lecture et de l’écriture. Nous aurons sans doute besoin de soutien - et pas uniquement de soutien financier - pour continuer.

Bientôt le Festivalet des ateliers… déjà des dates pour le printemps !

En amont du Festivalet, Tisseurs de Mots a donné carte blanche à trois intervenant-e-s d’ateliers pour imaginer un stage d’écriture en pays de Blesle. Il s’agit de se donner un temps long, des propositions en ricochet et d’ouvrir un moment au cours duquel il n’y a rien d’autre à faire qu’écrire…

Du 10 avril au 14 avril 2017, Isabelle Jannot propose de creuser autour du corps, de la voix et des mots :« corps et écriture…voix du texte ». Du 17 au 21 avril 2017, Igor Chirat invite à entrer dans une écriture longue « rumeurs et vibrations ». du 6 au 8 mai 2017, Emmanuelle Laurent explore l’écriture fragmentaire et ses résonances : « Comment est-ce, le monde ? » …fragments, calques et décalques…

Tous les détails de ces stages se trouvent derrière le lien de l’intitulé de chaque stage. Nous pouvons vous apporter des informations complémentaires : tisseursdemots chez hotmail.fr

Écrire en dehors des sentiers battus, questionner l’écriture en atelier

A la rue En octobre, deux associations organisent des journées de réflexion et d’animation autour l’écriture en atelier. Les 7 et 8 octobre, l’association Ecrits organise une journée professionnelle : « Ecriture du corps et corps en écriture » ainsi que « A la rue, déambulation sauvage d’écriture dans les rues de Clermont Ferrand ». Tisseurs de Mots est partenaire de cette manifestation. Vous retrouvez le détail de ces actions et la fiche d’inscription à la journée professionnelle ici.

10e rencontres des ateliers d’écriture Du 20 au 23 octobre, à Échirolles, le GFEN de l’Isère organise les 10e rencontres des ateliers d’écriture. Au programme, des ateliers d’écriture mais aussi des tables rondes et des interventions pour présenter les actions portées par d’autres porteurs de projets autour de la pratique de l’écriture en atelier. Tisseurs de Mots est partenaire de cette manifestation. Le programme et les modalités d’inscription sont ici.

Festivalet 2017

L’équipe des Tisseurs s’est déjà attelée à la préparation de l’édition 2017 du Festivalet des ateliers d’écriture. Cette nouvelle édition se déroulera à Blesle (43), du 9 au 11 juin 2017, autour du thème « Lisière ». D’ores et déjà, vous pouvez griser ces dates sur votre agenda, les inscriptions commenceront au début de l’année 2017.

Les livrets du festivalet 2016 Pour garder traces de notre édition 2016, les Tisseurs de Mots ont assemblé les pages écrites par quelques unes des animatrices, ont plié les mots et cousu la reliure colorée au papier blanc. Il nous reste des exemplaires de chacun de ces livrets, qu’il est donc possible de nous commander.

Vous retrouverez quelques détails de chaque livrets par leur auteur :


Les ateliers d’écriture réguliers, il est toujours possible de nous rejoindre…

Tisseurs de Mots propose des rendez-vous réguliers pour explorer la langue. Tous les groupes sont ouverts et les séances sont indépendantes les unes des autres. Vous trouvez ci-dessous de fiches de présentation de ces différents ateliers. Nous pouvons répondre à vos éventuelles questions / contact mail : tisseursdemots chez hotmail.fr.


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