Proposition réalisée à Sembadel, dans l’atelier du potier Michel Bérodot. Chantier d’écriture sur le thème de la terre, créé en partenariat avec l’oie qui lit - association de lecture à haute voix.

Proposition


Lecture de Valère Novarina : « Le théâtre des paroles » - p. 153. Puis lecture de l’album Elsa Valentin : « Bou et les 3 Zours » Proposition1 : façonner des mots, les transformer en se laissant guider par leur rythme, leur évocation, leur sonorité. Lecture de ces colliers mots ainsi façonnés.

Proposition 2 : Chacun reçoit un passage du conte égyptien « le canope », récrire ce passage en brassant la langue, après l’avoir passé à l’épreuve de la glaise des mots. Lecture du nouveau conte ainsi produit.


Textes :

En italique, les parties du texte original.

Au bord du Nil, qui roulait ses eaux azurées à travers les prairies vertes et les champs d’épis blonds de la Shemâ, qui est la Haute Egypte, sous l’ardent soleil que tempérait la fraîche respiration du fleuve, vivaient en une cellule de terre battue un vieux potier et sa potière qui se désolaient de n’avoir point d’enfant. L¹absence d¹un fils était le regret du potier ; l’absence d¹une fille, le regret de la potière. Ils disaient chaque jour :
Lui : Je l¹aurais appelé Psam et je lui aurais montré à guider de ses doigts habiles l¹argile qui s’élève sur le plateau tourbillonnant.
Elle : Seshepenoupette je l’aurais nommée et elle m¹aurait aidé à laver le linge au bord d’Hâpi (le Nil), dans les roseaux où crient les sarcelles. Et le potier d¹ajouter :
« O femme, sais-tu ce qu¹elles crient, tes sarcelles ? »
« Qu¹il est encore temps pour elles, trop tard pour nous »
Ainsi, mieux vaut n¹en plus parler ! »

Ce qui ne les empêchait pas de recommencer le lendemain : « Je l¹aurais appelé PsamŠ Seshepenoupette je l¹aurais nomméeŠ » Et, devant leur cellule, continuait de passer la plaine bleue d¹Hâpi1. Or, il advint au vieux potier d¹apercevoir sur le sol Toum le scarabée qui se trouvait en peine. Toum, ayant roulé une pilule avec de la bouse de chameau, la poussait vers son souterrain mais un pli du sol l¹arrêtait, de sorte que, malgré ses efforts, la boule revenait toujours en arrière ; et Toum, ayant été enfin culbuté, se renversa sur le dos, agitant ses six pattes dans le vide et essayant vainement de se remettre à l¹endroit.
« Seule une tortue serait plus empêchée que toi lui dit le potier en l’aidant à se relever. Puis, du bout des doigts, il fit franchir l¹obstacle à la pilule. Alors Toum le bousier dit à l¹homme le potier :
Pour te récompenser de ta bonté, je vais t¹indiquer une pâte merveilleuse dont tes mains habiles feront ce qu¹elles voudront, à condition que tu la travailles tout de suite. Sebek-Kâle crocodile était hier en fureur. Des battements de sa queue puissante, il a ouvert le sol de la rive jusqu’à l’argile de Noun2. C’est là-bas où tu vois l¹ibis Thaot dormir d¹une patte. Va, contente-toi d¹une charge et n¹y reviens jamais ; car si tu y revenais pour en prendre davantage, la gueule de Sebek-Kâle deviendrait ton hypogée… Adieu, confrère ! »

Le vieux tripatouilleur del terro alla à l’endroit où Grande-gueule-rivière avait sommeillé pendant la journée, la queue dans l’eau, sa gueule clappante gobant les rayures du soleil. Ah la la, qué délicatessence le terro était bô ! Il était tiédoux dans le creux de la main. Si tiédoux qu’il en faillit marmouiller de bonheur. En se rapprochant de sa casa, il entendit les beuglements de sa famelote qui s’alarmoyait de ce qu’elle avait cassé un potalait. Elle le vit entrer avec le bô terro au creux de sa main et lui demanda fissa de le tripatouiller pour en refaire un même qu’avant. Qué folâtre es-tu famelote ! Ce bô terro m’est offert par lé faiseur del mondo lui même ! Translucide cette biauté i Touche sa délicatessence ! Je vais en faire une magnificience et l’apporterait au Far à Hon jusqu’à ses pieds. Véronique


Et il posa la terramolle sur son giregireforme. La crépotrice , pasjoyedutout, se mit à scrabouiller du blé en bis-tri-multicouinant et fiellant : « j’t’obligationne un nouvpot ». Cependant le giregireforme commencait à giregirer emportant la terramolle doucechaude que le vieux créapoteur effleurcaressouilla sans intentionner. Alors il s’émervisionna : la terramolle se créationnait seule en un gros zanimomer. « MaCoVie visionne ce que la terramolle de Noum créationne » La créapotrice s’avoisina du giregireforme, fiella le truc moche et de ses dedanmains bataplatit le zanimomer. Mais la terramolle, un instant bataplatie, s’élevationna en un reptilsoleil gigantis. « Bétasbeurk ! tes doigts sont berzingmad ; j’vas encore bataplat ». Le reptilsoleil se crèpeaplatit, mais se bis-tri-multiélévationna en imaginanimo malgré les bataplas de la fielleuse. Le crépoteur tenta de lui explicationner que ces imaginanimo pourraient faire grêler des zamador dans leur casaterre. La fielleuse couinante et dure en tête rebruita qu’elle obligationnait un nouvpot, un nouvpot comme tous les nouvpot et bataplati, crèpeaplati la terramolla. Bernadette


Le tourspiraleur continuait de tournicoter régulièrement sous le pied du façonneur, qui battait la farendole. Tourspiraler, il essayait ; tourspiraler, il voulait ; ses deux attrap’touts agrippées à la motte d’agil’terre. Son attrap’tout gauche se soulevait parfois pour écarter les battoirs de sa femme, qui menaçaient de s’abattre sur la massoforme naissant sur le plateau du tourspiraleur.

Il ne put cependant pas les retenir et les battoirs écrabouillèrent la massoforme d’un grand ours.

Le tourspiraleur continuait de tournicoter régulièrement sous le pied du façonneur, qui battait farendole. Tourspiraler, il voulait. À tout prix. Mais les battoirs mill’brisèrent la massoforme suivante, sans doute un singe. Elle hurlottait à son oreille : « un pot, tournespirale un vrai pot, un pot’habituel ».

Mordoréscarab passa, bourdonnant, volant et bougonnant : « Attention le façonneur ! Attention la façonneuse ! Attention ! Dernière chance ! L’agil’terre de Noum veut naître, veut pousser-vivre… Attention, grommela Mordoréscarab : « Dernière chance ! L’agil’terre va prendre massoforme définitive. Dernière chance ! »

Dernière chance qui passa. Le façonneur n’entendit pas Mordoréscarab. Il n’avait entendu que l’hurloteuse aux grands battoirs, sa femme. Patricia


le potassier bien embêté tentait une nouvelle fois de satisfaire les desirata de sa fèmeline. Il commençait à pétriner, trimasser énergiquement la terremolle mais la potassière s’escrimassait à détruire la formatine à visage poupin qui se dégageait du couvercle. Décourassionné le vieux potassier … Pourtant , il récapita son travail de potassier et un autre pot apparut sous l’adresse de ses longues menotines mais la terremolle se transforma encore en un visage de miochou. Depuis ce jour, les potassiers d’Egypte créativent des pots avec des couvertures à forme humaine ou bestiasse. Anne Cécile


Autre proposition pour la partie 3 : le potiéridé alla à l’endroit où le crocomangetout se rasoupissait et trouva la terre toutesquenfoncée par la queue du croco. Cette tranchure lui révéla comment le large-et-lent avait construit la shemâ : les bandes fauves du terroi s’enquillaient à l’infini avec les plus noires des débordis du large-et-lent. Et, tout au biou, sous la première couchure, là où avaient commencé les siècles, il poussait une terrargilope d’une étrange tendrépaisseur et telle que le potiéridé n’en avait jamais entrimaginé. Il descendit sous la tranchure, se contritionna à n’en chiper qu’une dose, émoustifflé de la sentir toute froidechaude et s’en carapata en sa poticasa. Un peu avant d’y arriver, il entendit les hurlucris de sa potifemme. En venait de bricasser le plus grand de ses pôts, et le voyant avec une dose d’argilope toute frichette, lui ordonnhurla d’en faire un neufpôt. Le potiéridé répondit : une telle argilopatoune te fera bien un neufpôt mais, elle est d’une telle tendrépaisseur et elle semble palpivibrer comme vivante. Toum le scarabée me l’a dugoigtmontrée à condition que n’en chipe qu’une dose et que je la tournimalaxe rush-rush. Et j’en veux tournimalaxer un je ne sais quoi de beautiful, selon l’enspiritement que mon cœur saura souffler sur mes potimenottes, un septmerveillesdel’univers que j’irais offrir au Pharaon. Xavier