Nos ateliers en temps de confinement s’adaptent. Certain(e)s d’entre nous se sont lancés dans l’atelier en visio-conférence, d’autres comme avec celui-ci ont utilisé le mail, les messageries des réseaux sociaux et même l’autorisation de déplacement, jusqu’à la boîte aux lettres de l’animatrice pour continuer ce lien des mots.

Pour permettre l’échange des textes de nos ateliers mixés, nous les partageons donc sur le site.

La proposition :

Nous allons d’abord écouter ceci :

Sauf…qu’Auguste Renoir n’a jamais peint ce Déjeuner sur l’herbe (peut-être que Claude Nougaro en avait fumé beaucoup !), mais c’est Edouart Manet qui a défrayé la chronique en son temps et avec ce tableau.

ça, c’est pour l’anecdote.

Ce que je vais vous demander c’est d’aller chercher un tableau que vous aimez, je voudrais que dans ce tableau il y ai au moins un personnage.

Vous allez vous projeter dans ce tableau, vous allez être le ou un des personnages.

Vous allez écrire un texte narratif ou poétique nous rendant vivant et actuel le tableau que vous aurez choisit.

Vous entendez Claude Nougaro chanter : « Tous les deux on déjeunait sur l’herbe, et moi j’en avais fumé un peu… »

D’autres phrases aussi reviennent dans la chanson. Vous essaierez de trouvez une phrase qui, nous mettant dans l’ambiance du tableau, revienne régulièrement dans le texte.


Texte de Christian

je t’aime toi qui vend ma vie
d’esclave insoumis
demi-dieu sans rêves
à genoux mon corps de fièvre
tes seins jusqu’à mes lèvres
et ton ventre interdit

punie de mort la moindre étreinte
comme une lampe jamais éteinte
un voyageur sans parchemin
les saisons changent et rien ne bouge
perdus l’étoile, la lune rouge
perdus le vent et le chemin

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Vénus et Mars de François Boucher

Texte de Mariama

Je suis fière d’être femme.
Être femme c’est savoir prendre soin de ta famille surtout de ton enfant.
Les femmes donnent vie.
Les femmes veillent à ce que tout se passe bien dans la famille.
On ne se sépare jamais de nos enfants petits ou grands, on n’est toujours avec eux .
On attachait nos bébés pour faire de longs kilomètres pour aller au marigot.
Les canaris plein d’eau ne se versaient pas sur nos bébés.
On marchaient lentement, ont chantait .
Les femmes rendent tout possible.

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Texte de Bernadette

C’est une maison blanche accrochée à la colline
J’y viens le pas léger dans les odeurs de romarin.
Le vent d’autan nettoie mes poumons
Et ma tête des miasmes de la plaine.

Depuis toujours la maison blanche accrochée à la colline
Ses terrasses ensauvagées ses arbres décoiffés
Sont mon refuge et ma liberté.

De loin son toit ailes d’hirondelles me sourit
Comme me sourit la Mamé à la fenêtre surprise et ravie de m’accueillir dans sa maison blanche accrochée à la colline

la maison blanche Chaim Soutine Demain je gravirai la pente Suante et essoufflée j’irai jusqu’à la falaise les corneilles riront de moi moi je rirai de plaisir et le soir venu quand le mauve gagnera sur le bleu je redescendrai fatiguée mais apaisée jusqu’à la maison blanche accrochée à la colline

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La maison blanche chaim soutine

La maison blanche de Chaim Soutine

Texte de Chantal

Le goût de la vie

Si je suis de dos,
c’est que je ne veux pas
que l’on voie
sur mon visage
les ravages
qu’a causé
mon enfermement…
Je n’ai pas vu mon geôlier,
je sais son nom seulement,
et j’essaie de l’oublier.
Au loin entre les peupliers le jour se lève,
un jour nouveau encore habillé de brume et de rosée.
Le soleil s’allume peu à peu.
Depuis cette étroite fenêtre, je regarde le
printemps. Le printemps c’est dehors où je ne puis plus aller.

Je regarde le ciel. Y vagabonde un nuage :
nonchalant il se promène et j’aimerais voler _ avec lui là haut. Et je ne puis voler.
Dans la fraîcheur matinale je sens monter
l’odeur des lilas en fleurs. Ils doivent embaumer les jardins où je ne puis plus flâner.
J’entends les oiseaux insouciants et piailleurs. C’est la saison des amours. Ils le
chantent joyeusement. Les chansons que je savais m’ont quittée. Je ne puis plus chanter.
Je suis dedans et « le chant du monde » c’est dehors où je ne suis plus.
Alors c’est dit, aujourd’hui il n’y aura pas de « temps pour rien » et d’heures sans relief.
Aujourd’hui j’irai me promener sur mes terres intérieures. C’est un vaste jardin et j’y suis toujours libre.
Je fredonnerai pour moi seule une petite chanson du bonheur. Je me souviendrai des moments heureux, de certains jours enchantés, éparpillés dans ma vie, celle d’avant l’enfermement. Je me ferai, même dans la solitude, une petite fête . Je me dirai, opiniâtrement, qu’ils reviendront ces jours là.
Ainsi même si je ne t’ai jamais vu, je te le dirai ô mon triste geôlier au nom de Corona Virus : le goût de la vie ne meurt jamais vraiment.

(Tableau de Caspar David Friedrich. « Femme à la fenêtre ». 1822. Musée de Berlin)

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Texte de Gisèle

A travers ses paupières entrouvertes
l’air bleu
l’herbe follement verte
le rouge coquelicot
le jaune primevère
Monet déploie
l’exubérance de son pinceau lumière

Sous un ciel ombré de nuages laiteux,
arbres horizon vert profond
troués d’une folie d’architecte
la prairie ondulante
descend en pente douce .
Des graminées duveteux
s’étalent langoureux.
Le petit gars Jules
habillé marin
chapeauté de paille tressé
tient dans ses mains ,
précieusement
un bouquet équeuté,désordonné
d’or doré.
Il ne marche pas non
il court ;
Aujourd’hui, c’est dimanche.
La cloche de l’église a sonné !
A ses cotés,Joséphine sa mère
Un châle noir jeté sur sa robe bleu cendré
bataille avec son ombrelle à l’horizontale
contre le petit vent d’autan.
Le ruban noir de son chapeau du dimanche s’agite agacé.
Elle marche vivement et houspille le petit Jules.

Quel dommage d’aller si vite, le seigneur peut bien attendre,
la lumière est si belle
Il fait si beau Monsieur Monet !

Moi je suis un peu plus haut enfouie
dans les hautes herbes et les coquelicots avec Camille
mon petit fils, blond comme les blés ;
Immobiles,debout,on regarde les gens pressés,
ça y est ils sont passés :
Aller Mamizou on court.

Et main dans la main on s’élance
au milieu des hautes herbes
et des coquelicots
on pousse des cris de joie
on rigole on se marre
on dégringole on s’étale
culs par dessus tête
au milieu des herbes folles et des coquelicots.

Du pollen jaune primevère
constelle le bout du nez de mon garçounet
des pétales rouge coquelicot parsèment ses cheveux ébouriffés.
Petite trogne hilare,il me dit :
On recommence ?

EH ben oui ,on recommence !
Ce soir arnica montana oindra la mamie en compote.
Dis mamie pourquoi le coquelicot s’appelle coquelicot
et pourquoi il est rouge et pas bleu
et pourquoi tu ne réponds pas
et pourquoi pourquoi pourquoi.
Monsieur Monet dites répondez lui
sinon votre tableau ne sera jamais fini
au milieu des hautes herbes et des coquelicots

Pardon Monsieur Monet
votre prairie est si vraie si douce si moelleuse
et si coquelicot
qu’il était impossible
de ne pas s’y rouler dedans.

A travers leurs paupières entrouvertes
le peintre sourit
le poète chante
l’enfant s’endort

Les coquelicots à Argenteuil- Claude Monet

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Texte de Corinne Un jour de marché au Sénégal

Comme par enchantement, chaque matin
s’éveille le quartier, de basses maisons
aux chaudes pierres, si tôt le jour levé
d’un marché bruyant, il s’anime.
Mais quelle cacophonie ou bien… douce harmonie !
De chants, d’éclats de rire s’entrechoquant,
De cris de femmes s’apostrophant entre étals,

Chemin faisant, je m’imprègne
et je souris,…à la vie.

Eh toi, le passant, ne vois-tu pas ?
Ce marché habillé de rouge, jaune, orange,…
comme s’étant invitées, une multitude de couleurs
toutes plus chatoyantes, le regard du passante se disputant
se mêlant, se fondant même, de fleurs, d’épices,
légumes et fruits, boubous et coiffures…
Quel éblouissement pour les yeux !

Chemin faisant, je m’imprègne
et je souris,….à la vie.

Toutes enivrantes, les odeurs m’enlacent
me submergent, quelle présence !
Comme si chacune m’appelait
me séduisant, m’envoûtait.
Oh délice ! Fruit du travail de mains
malaxant, feuilles et gousses, onguents,
une ivresse que de tels parfums !

Chemin faisant, je m’imprègne
et je souris,…à la vie.

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« Marché au Sénégal » Peint par le grand-père de Rémi

Texte de Francky

Nous avancerons quoi qu’il en coûte…

Nous avançons bien décidé, nul ne pourrait nous arrêter..nous en sommes sur , nous avancerons quoi qu’il en coûte..
Ce n’est pas plus compliqué que d’habitude, et nous n’avons pas grand grand-chose à faire..il nous faut simplement mettre un pied devant l’autre rien de plus simple.. Mettre un pied devant l’autre et continuer, toujours un peut plus loin..continuer encore et encore et ne surtout pas baisser les bras..et j’en suis sur, nous y arriverons quoi qu’il en coûte.. La chaleur brûlante du sable et du soleil a fois nous testent et nous mettent à l’épreuve. Fatigués , le visage et les pieds brûlés, nous continuerons, le regard fixé, dunes après dunes, nous continuons fièrement, avançons quoi qu’il en coûte..
La faim et la soif nous tiraillait, mais rien à faire on ne s’arrêtera pas là..
On s’arrête, on respire, un pied puis un autre, rien de plus..
Balayant toutes ces dur épreuves, nos souffrances..
Une chose est sûre, un pas après l’autre, c’est ensemble que nous avancerons quoi qu’il en coûte…

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Titouan Lamazou

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