Un lieu culturel qui joue hors les murs, dans le quartier où il est implanté, un immeuble animé par un collectif d’habitants et savamment orchestré par un gardien à l’accent toulousain, une auteure en quête de réel… Tels sont les ingrédients qui auront conduit à « Quelques ». Le projet d’écriture s’est construit avec Albane Gellé sur la base de rencontres sous forme de rendez-vous avec chacun, chaque famille, dans les moments d’après-midi ou de soirée… Autour d’un café, d’un biscuit, dans le silence d’un appartement vide, entre les bruits du dehors ou les discours fleuves de la TV allumée en permanence, s’amorce un échange où se raconte la vie d’ici, celle de tous les jours, celle d’hier et aussi les espoirs pour demain. A travers ces (ses) paroles, l’hôte se livre peu à peu, se dévoile doucement pour laisser affleurer l’intime. // Jean-Jacques Le Roux, Remue.net

Sans homme elle vit seule, à force elle n’entend plus, pendant qu’un chien aboie, les autres bruits du cœur, et les portes qui claquent, pendant qu’un chien attend.

Pour sa femme il dit maman, sans faire exprès, c’est depuis les enfants, tandis qu’au mur la jeune mariée est restée dans un cadre d’une vingtaine de centimètres.

Au chaud entre les tapisseries, protégé du danger, presque des maladies, il construit des bateaux en bois, avec une très ancienne délicatesse, elle le regarde en souriant, ils finiront leurs jours à la mer, tout au bord.

Décidé à agir, puisque c’est un garçon, et que le monde va mal, jusqu’aux poubelles d’en bas qui prennent feu la nuit, il sait ce qu’il veut oui : devenir gendarme.

Albane Gellé, Quelques, Inventaire/Invention, 2004, pages 9, 11, 15 et 18.

Vos témoignages

  • michelle foliot 11 septembre 2014 11:38

    Je crois comprendre qu’il s’agit de textes qui lui ont été inspirés par les habitants d’immeubles périphériques à la ville ; sorte de tableaux d’une société en marge. Ces récits à eux seuls résument une vie : les âges, leur place dans la société. Ils donnent à voir des vies frustrées, privées de liberté, de langage, d’expression, : des vies « à l’écart ».