le vent rafales comme si traversant l’atmosphère (ses bruits d’air cherchent passages) je tu il nous très trop légers et s’égratignent nos images de plantations (quand même les arbres tombent meurent [1]) puis l’étonnement du calme (revenu) et le retour galop de nos affolements


Quelqu’un tourne les épouvantes et nous filons - tapis volants tandis que sur les routes gravitent méduses les accidents se continuent


il neige sur mon livre je suis debout parmi des lettres chair et os à écrire par milliers et des légumes à cuisiner à la porte mes bottes (pas rangées) un peu tombées je les relève


à reculons les souvenirs dans nos valises tirées traîneaux une pomme (de pacotille) et la liste de nos anges : penser à ajouter l’homme noir sa noblesse et sa robe verte dans le métro vendredi soir


quelques dimanches nous rangeons les chambres et les conversations nous profitons aussi du soleil et cueillons des pâquerettes sur les pelouses en pente

Albane Gellé : Nous valsons, Potentille, 2012, pages 11, 14, 17, 23 et 29.

[1écho au titre de Jeanne Benameur : Si même les arbres meurent

Vos témoignages

  • michelle FOLIOT 11 octobre 2014 18:51

    La vie est comme un tourbillon qui, tantôt nous entraine comme dans un rêve jusqu’à ne plus pouvoir s’arrêter, tantôt nous met à terre et devient pesante, obscurcie, plus réelle, malgré nous.