Cette année le printemps avait pris de l’avance qu’il manifestait ce jour là par un éblouissant soleil sous un ciel bleu transparent, l’air était doux et enveloppait le corps et l’esprit comme dans un cocon qui ne pouvait que nous entraîner vers la vie, celle du dehors, du mouvement de nos pas, de cet ailleurs dépourvu de repère. Cet appel sensible de la nature avait suscité notre besoin de la rencontrer !

Nous sommes partis des heures durant vers cette montagne adossée à la ville, nous libérant progressivement d’une urbanité frénétique à un cadre plus champêtre qu’il a fallu mériter en gravissant des chemins sinueux et pentus. Au fur et mesure de notre ascension, le Puy de Dôme nous accompagnait sur notre gauche et semblait se distraire tel un grognard les bras croisés, de notre présence et de nos efforts. Le sentier étroit était par endroit parsemé de papillons qui posés ça et là devenaient un prétexte pour nous stopper et les observer. Plus loin encore se furent des fleurs qui nous arrêtèrent, des Iris sauvages qu’il a fallu sentir, examiner, mais pas cueillir. Sur le chemin du retour 17 km déjà, nous avons ramassé des chardons garnis d’épines et puisque la journée avait été belle, le soir nous avons rajouté du beau au beau et nous avons paré chacune de ces fleurs sèches de multiples couleurs peintes qui la nuit, sous l’effet de la lumière ressemblaient à un bouquet de feu d’artifice.

C’est mon petit Jules qui n’a pas 10 ans qui m’a accompagné ce jour là. Sa spontanéité et son côté naturel associés à cette journée de printemps ont permis de faire ce bouquet final aux couleurs pastels de la Vie ! Que de choses simples réalisées ce jour là, mais que d’émotions ressenties lors de ces instants où l’Éveil de la Nature se confondait à la Notre.