Patrick livrait déjà des surgelés au printemps, avant de prendre quelques jours de vacances avec Elliot. On peut faire connaissance avec chacun d’eux avant de les retrouver autour d’une pizza et d’une bière…
  • Alors tu l’as rendue à ses parents ta nièce ?
  • Ça n’a pas été facile, elle ne voulait pas rentrer, mais je ne pouvais pas la garder ici ; à ce moment j’avais un pensionnaire vraiment pas clair qui la regardait avec des yeux de violeur…. On a pas eu le temps d’en parler ce jour là, raconte moi comment tu l’as trouvée.
  • Eh bien c’était le jour des narcisses et des nigérianes
  • Des narcisses et des … ?
  • Oui j’avais ramassé un gros bouquet de narcisses , puis j’ai appris à la radio l’histoire des nigérianes enlevées par Boko Haram et j’ai distribué les narcisses à mes clients du jour. Bref j’étais en retard mais quand j’ai vu cette gamine le pouce levé sur cette petite route je n’ai pas tenu compte de l’interdiction de prendre des passagers, je me suis arrêté et je lui ai dit de monter. J’ai maladroitement commencé à lui dire que ce n’est pas prudent de faire du stop elle m’a lancé un tel regard que je me suis repris et lui ai demandé où elle allait. Elle m’a donné ton adresse je lui ai demandé si elle te connaissait elle m’a répondu sèchement « c’est mon oncle », puis elle n’a plus desserré les dents. J’ai vite abandonné les tentatives de conversation. Arrivé ici je l’ai accompagnée pour être sûr qu’elle racontait pas de bobards et je suis vite parti car j’avais encore un client.
  • Alors elle ne t’a rien dit ?
  • Non, elle m’a fait pensé à une petite chatte sauvage
  • Alors égalité un partout, car elle m’a dit que tu avais un sourire rassurant de Saint Bernard.
  • Je ne sais pas si c’est un compliment !
  • Elle m’a dit qu’elle te trouvait très beau….pour un vieux !
  • encore une !
  • Qui te trouve beau ou vieux ?
  • Beau
  • Ben ça n’a pas l’air de te réjouir !
  • Ça m’a joué un très sale tour quand j’étais jeune et depuis je me méfie des femmes qui me trouvent beau …. Elsa c’est pas pareil, c’est encore une gosse. Mais vieux , c’est le première fois, à 35ans !

Sur la terrasse, Patrick et Elliot mangent une pizza (pas une surgelée !!) et boivent une bière savourant ainsi leur premier jour de vacances estivales. Il fait chaud, le centre est vide, ils profitent du calme et de l’amitié qui les lient. Ils ne se connaissent pas depuis très longtemps, deux ou trois ans, mais ils se sentent ensemble comme des amis de longue date. Un jour Patrick est passé pour faire la promotion des produits surgelés qu’il livre à domicile, mais ceux-ci ont été vite oubliés pour parler de balades, pêche à la ligne, lectures. Depuis ils se retrouvent de temps en temps pour une de ces activités ou juste pour le plaisir de partager une soirée. Patrick a aussi un bon contact avec les habituels pensionnaires d’Elliot et son passage aide parfois à détendre l’atmosphère.

Après un moment de silence serein, Patrick reprend

  • c’était une fugue ?
  • En quelque sorte. Le topo habituel, engueulade avec sa mère, le petit copain qui la largue pour une « qui couche ».
  • Sa mère devait être inquiète ?
  • Pas trop. Elle avait laissé un mot « marre de tout, je vais chez une copine que tu ne connais pas je t’appelle dans 2 ou 3 jours ». En fait la copine l’a mal reçue et là elle a pensé à « Tonton chéri ». Sa mère commençait juste à la chercher quand je l’ai prévenue.
  • Et le père .
  • Oh c’est un peu compliqué …disons que… les parents sont séparés…

Quelques gorgées de bière et soupirs de bien-être plus tard

  • Au fait Elsa arrive ici demain, pour quelques jours. Je pensais aller camper aux étangs de la Colombière 2 ou 3 nuits, si tu venais avec nous ?

Le lendemain soir il fait toujours aussi beau et Elsa fait la tête. Très ostensiblement elle n’apprécie pas la présence de Patrick. Pourtant la nuit est douce, quelques batraciens flutent et croassent sur les bords de l’eau, une chouette chevêche siffle doucement et parfois un hibou hulule. Les deux hommes apprécient en finissant une bouteille de bon vin , Elsa va et vient d’un air ronchon.. Elle s’approche et lance

  • on s’emmerde ici, si au moins on pouvait se baigner !
  • Pas chiche répond Patrick .

Ils se jaugent du regard, visage souriant pour Patrick et un soupçon de rire dans les yeux d’Elsa. Si semblables dans leur défi pense Elliot.

  • le premier à l’eau est une poule mouillée !

Patrick court vers le ponton et Elsa, piquée au vif se précipite à sa suite. Ils n’entendent pas les appels d’Elliot et sautent ensemble à l’eau. Et se retrouvent …pour Elsa plus petite et qui a sauté groupée en train de barboter dans de l’eau boueuse et pour Patrick planté dans 1m10 d’eau et 50cm de vase gluante.

Un instant de silence : la nature, les animaux et les gens semble stupéfaits. ……

Elliot, inquiet, arrive au bout du ponton « ça va ? ça va ? » Les regards se croisent puis trois énormes, assourdissants et interminables éclats de rire confirment aux plantes et aux animaux que oui décidément, les humains sont vraiment surprenants !

Vos témoignages

  • Patrick, l’été 3 septembre 2014 13:45, par veronik leray

    C’est très intéressant ces petits éventails d’histoires, ses entrecroisements…une jolie suite pour Elsa ;)