Gabriel se remet tant bien que mal de sa chute estivale. Planqué devant la télé qui crache les nouvelles - « l’Ukraine a voté, ben oui, ça me fait une belle jambe ! ». Gabriel n’est plus remonté sur son vélo. C’est le spleen automnal…ou plutôt…la déprime totale.

Reclu dans sa fermette en pierres, Gabriel a maigri : c’est « l’homme qui marche » de Giacometti, sauf que Gabriel, lui, avance à grand peine en s’appuyant sur ses béquilles. Ses cheveux ont poussé et lui donnent un air de Christ affamé. Son teint cireux vire au gris, tandis que dehors l’été indien lui fait la nique. Les pommes pourrissent sous l’arbre, les feuilles mortes valsent la Danse Macabre, et plus de bois bien sec pour allumer un feu de cheminée en soirée.

« pas de fumée sans feu ouais !, mais pas de feu sans bois » J ’ai froid ! Foutu, c’est foutu ! C´est fou c´que j’suis drôle à r´garder Chui là, j´attends de revoir ta tête Et toi tu rigoles peut-être… C´est l´alcool qui monte en ma tête Tout l´alcool que j´ai pris ce soir Afin d´y puiser le courage De t´avouer que j´en ai marre De ne penser qu’ à toi Olga A ton corps perdu à nos espoirs foutus

J´en ai assez faut bien qu´j´te l´dise

Ah ! Tu était belle à regarder Tes bas tombant sur tes chaussures Et ton vieux peignoir mal fermé Avec tes belles boucles blondes quelle allure Je me demande chaque jour Comment as-tu fait pour me plaire ? Comment ai-je pu te faire la cour Et t´aliéner toutes mes pensées ?

D´vant mes amis quelle catastrophe

Tu es partie j’ne sais où en cavale comme une grande pas un mot, pas un signe Si tu voulais faire un effort notre histoire aurait une suite Allez un p’tit texto pour me dire à bientôt

si au moins cette foutue foudre ne m’était pas tombée dessus j’aurais pu envisager…j’aurais pu m’éclater pour pas penser, pour oublier…

et puis un soir…le Samsung noir vibre… Gabriel lit un numéro inconnu

  • « Allô ! »
  • « Salut Gab, c’est moi »
  • « toi qui ?
  • « Olga ! »

Gabriel reste muet comme une carpe, une arête en travers de la gorge. Cette voix lointaine… Mi figue mi raisin la réaction de Gabriel… il ne sait plus à quel saint se vouer, invoque son archange préféré, qui lui souffle à l’oreille :

« Debout mon gars ! Y a encore de belles années devant toi ! Fais-lui la fête à Olga ! Faut boire le vin nouveau quand il est tiré !

Vos témoignages

  • veronik leray 10 novembre 2014 13:40

    Dis, tu nous le liras ? Tu nous le slameras ? En tout cas, moi je dis : vive les textos d’amour !