Paul se souvient d’une fée venue au printemps, début de son histoire avec Sophie à retrouver grâce au lien… Il est aussi possible de faire plus ample connaissance avec Gabriel et Olga

Ecartant les bras, ils s’élancent, ils mangent l’air, aspirent les nuages, couchent l’herbe de leur corps. Comme des grillons traversent les champs à perte de vue et boivent aux sucs des coquelicots. Sophie et Paul ont fuis.

Paul regarde le visage de Sophie et lui dit que si un jour elle a une grande vérité à lui révéler, elle ferait mieux de se cacher à l’autre bout de la terre car il la devinera tout de suite, avant qu’elle ne lui dise.

Le temps passe au travers de leurs contes, de leurs histoires qu’ils se racontent au creux de l’oreille au soleil ou dans le noir.

Affolée, elle appelle Gabriel, son frère. - Il faut que je parte. - Tu es folle ? - C’est toi qui est fou ! Tu imagine Olga dans les nuages, tu te casses la figure en vélo, tu prends la foudre…. - Et que veux tu que je fasse ? - Mais prends le premier coursier pour l’Ukraine, pars, mets-toi devant les balles, meurs pour ta belle, au lieu de mourir foudroyé sur ton vélo en Auvergne !

L’été arrive.

Sophie doit partir loin, à l’autre bout du bout, il va le voir, il va le sentir. Elle regarde sur la mappemonde. Elle prend un billet pour Honolulu.

Elle vole, Sophie vole. Mais Sophie est triste d’être coupée de sa source.

Elle atterrit sous un ciel trop bleu, luisant. L’air est pesant, presque sale. Elle en oublie ses bagages et se retrouve avec juste son petit sac de voyage dans un hôtel près de la plage.

Elle demande une cabine de téléphone.

Là bas sur la plage.

Plusieurs pas sur le bitume…elle rapetisse comme une mouche.

Les corps les corps les corps, bruns, blancs et cramoisis, Sophie pense que les côtes de bœuf sont à la hauteur cette année encore….enfin la cabine.

- Allo…Paul… - Ah Sophie ! Ça se passe bien chez tes amies ? - Je n’y suis pas, je suis ailleurs… …. - A l’autre bout de la terre ? - Oui. - J’arrive.

Enfin ! Elle s’assoie sur le sable fin, chaud et blanc, elle passe une main dedans puis sur son ventre avec un petit sourire de contentement.