Il y a fragrance de lilas et de glycine ce matin-là. Sur fond de ciel limpide, nul doute, le printemps est là, tout neuf, une délicatesse de l’air qui ne ment pas. Heureux, il est amoureux Gabriel, il se sent pousser des ailes. Il enfourche sa bicyclette et part à tire-d’aile sur des chemins d’errance. Rouler, grimper, dévaler, pédaler loin et longtemps. Energie décuplée, élan vital sans faille. Il respire long et profond, savoure la souplesse de ses membres encore jeunes.

Dans sa tête une ritournelle :

tu es mon jardin des Hespérides, mon jardin d’Eden aux senteurs secrètes dans le bleu du matin tu revêts l’orange du soleil tu prends un goût de miel tu rayonnes, tu resplendis, c’est midi tu somnoles dans l’après-midi rêves en farandole tout est permis jusqu’à minuit.

La terre entière lui appartient. Justement…la terre. Quelle terre ?

Un gris lui effleure l’esprit… ne rien gâcher de ce matin radieux. Pédaler, regarder droit devant soi ! S’enivrer de la fraîcheur de l’air, ignorer les peurs et les mensonges ambiants. Croire en soi, au renouveau. La silhouette d’Olga se dessine au détour d’un chemin. Le cœur de Gabriel bondit l’espace d’un éclair. Effet de la distance, effet de l’absence. Olga milite dans les rues de Kiev. Gabriel pédale entre les Puys d’Auvergne. Ils se sont rencontrés il y a plusieurs lunes en Crimée, avant qu’elle ne soit à la une. Tandis que le printemps ukrainien vire au tragique, Gabriel écrit « Olga » dans le ciel.

« Olga, da svidania ! »

Maïdan vient du persan : میدان my̰dạn, qui signifie « place » tandis que Nézalejnist signifie « Indépendance ». La place a été baptisée Maïdan Nézalejnosti en 1991, après la chute de l’Union soviétique et l’accession de l’Ukraine à l’indépendance.

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