Le soleil pénètre silencieux, matinal par les interstices des persiennes lavées lessivées par le temps. Il joue en pointillé ombre lumière Sur la barbe broussaille de Joseph. Ses paupières se soulèvent doucement Sur un brouillard de cil cotonneux . Une myriade d’éclat doré L’éblouisse. Une tasse de café à la main, Il s’avance sur la terrasse, Boit à petites gorgées son décaféiné, hume a longue goulée la fraîcheur vert poivrée vivifiante de ce jour nouveau. Il a 40, 50, 70 ans, il ne sait plus Le temps s’est arrêté Là à l’instant. Il profite simplement de cette douceur solaire, S’assoit sur son fauteuil d’osier. Les abeilles ont commencé leur bal Sur les géraniums plantés d’hier. Les iris bleus aquarelle s’étonnent d’être là. Un choral siffleur enveloppe le silence. Un lézard curieux s’avance hésitant sur la margelle du puits. Au-delà la campagne s’étale paresseuse Aux milieu de ses herbes folles. Joseph est bien, Ses vieux os se réchauffent. Bon, Il est temps de préparer le petit dej De sa belle, de sa Juliette, Son péché mignon Tartine à la confiture de rhubarbe Relevée d’une pointe de citron Accompagnée d’un bout de fromage de biquette Et d’une orangeade. Tiens, Galopin le minou coquin Revient de sa tournée nocturne. Le petit pas menu de Juliette se fait entendre, Salopette fleurie, joli minois, Elle a 8 ans, elle passe les vacances de Pâques Avec son grand-père chéri. Tout à l’heure, ils iront à la pêche il a promis.